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LFI : Allan Brunon, le Raphaël Arnault de Grenoble

8/8/2026

Allan Brunon, ancien candidat à l’élection municipale de Grenoble et désormais conseiller municipal, se comporte avec ses alliés comme il se comporte avec ses ennemis : avec brutalité.

La guerre contre les fascistes… et ses camarades

Selon un article de Mediapart, le comportement de cet élu isérois a donné lieu à une dizaine de signalements internes auprès du comité de respect des principes (CRP) de LFI. Il lui est reproché une attitude jugée « autoritaire », des menaces ainsi que des propos « sexistes et homophobes ». Allan Brunon dénonce quant à lui une « cabale » menée par des opposants internes.

Deux conseillers municipaux LFI, Thomas Mandroux et Lauren Viguier, ont été exclus du groupe le 9 juillet 2026, officiellement pour absentéisme répété. Ils avaient en réalité prévu de partir depuis longtemps et ils ont ensuite démissionné de leurs mandats tout en dénonçant, dans un communiqué, « un système bien rodé de violences et de jeux de pouvoir » ainsi qu’un fonctionnement interne toxique sous la direction d’Allan Brunon. Ils évoquent des comportements « violents, autoritaires, sexistes, LGBTphobes » et un « harcèlement moral ». Thomas Mandroux a même indiqué avoir obtenu une incapacité temporaire de travail et suivi un traitement en raison de violences psychologiques qu’il dit avoir subies. Ils ont saisi des instances internes de LFI. Allan Brunon conteste ces accusations et invoque des divergences politiques ainsi que des comportements discriminatoires de leur part.

Le militant LFI a également, en marge d’une assemblée générale communale, menacé Maude Wadelec, qui est pourtant également militante LFI mais ancienne conseillère municipale de la majorité de l’écologiste Éric Piolle. Alors que l’insoumise reprochait à son camarade de ne pas avoir déposé de vœu contre la négrophobie comme il avait promis de le faire, Allan Brunon s’est fortement énervé. Une vidéo atteste qu’il a notamment déclaré ceci : « Tu fais ton esclandre… t’as été élue, t’as fait quoi pendant six ans ? T’as rien foutu pendant ton mandat. T’as rien foutu. Pourquoi tu viens nous embrouiller ici ? Tu fais pitié ! Vas-y, barre-toi, là ! Tu vas payer ce que tu viens de faire ! » Pour se défendre, Brunon a invoqué le racisme de sa collègue, qui est elle-même extra-européenne.

Un profil d’antifa

Allan Brunon, ancien assistant parlementaire du député LFI Gabriel Amard, a déjà été jugé à plusieurs reprises pour diffamation et injures publiques. Proche de la Jeune Garde, il était co-animateur du Réseau Insoumis Antifasciste (RIA), qui se donne pour objectif de « mettre en mouvement les insoumis dans la lutte contre l’extrême droite » et de « mettre hors d’état de nuire les nervis qui dans ce pays voudraient diviser le peuple ». Cette structure interne à LFI n’est pour l’heure plus active. Très impliqué dans les questions antifascistes, il est également très proche de Raphaël Arnault. Pour autant, il n’est pour l’heure pas possible d’affirmer qu’il a été membre de la Jeune Garde, même s’il en était indéniablement inspiré et qu’il a tenté d’insuffler une dynamique antifasciste au sein de LFI avec le RIA.

Brunon a organisé ou participé à de nombreuses contre-manifestations antifascistes, dans le but d’empêcher les meetings de Marion Maréchal ou du Rassemblement national, mais aussi des hommages : en septembre 2024, à Vienne (38), il avait contribué à saboter la minute de silence pour Philippine, qui a été assassinée par un Marocain sous OQTF. Le 14 février dernier, alors que Quentin Deranque venait d’être tué par la Jeune Garde, l’extrême gauche grenobloise, Brunon en tête, avait manifesté violemment contre un meeting du candidat RN aux élections municipales.

Il était également le fer de lance de l’action qui a mené à l’annulation du concert du “DJ” Barbara Butch à Grenoble. Une action pour laquelle il a été vivement critiqué par sa direction en interne et très peu soutenu médiatiquement. Une désapprobation qui sonne comme un déclassement pour celui qui n’a cessé de gravir les échelons du parti insoumis depuis 2021. À partir de septembre, pour mieux le canaliser, il sera désormais accompagné d’une coprésidente au conseil municipal.

Le Raphaël Arnault de Grenoble

Ces accusations internes d’autoritarisme, de violences verbales ou psychologiques et d’intimidations rappellent celles formulées contre Raphaël Arnault, député LFI et ancien porte-parole de la Jeune Garde, dans la section d’Avignon. Farid Faryssy, militant historique de LFI à Avignon, avait été mis sur la touche par Raphaël Arnault, au mépris du choix des militants locaux, afin qu’ils puissent installer ses proches aux postes clés, à commencer par Mathilde Louvain en tant que tête de liste LFI pour les municipales, au détriment de Farid Faryssy. En outre, il accusait Arnault de méthodes basées sur « la violence et l’humiliation », affirmant que « Si tu n’es pas d’accord avec lui, alors tu es un nazi ». Parmi les griefs, Faryssy évoque des discriminations liées aux origines, déclarant qu’Arnault « veut que les Arabes le servent, mais qu’ils ne prennent pas de responsabilités ». Le candidat déchu citait également l’exemple d’un attaché parlementaire de Raphaël Arnault qui faisait office de chauffeur et garde du corps au député antifa, ce qui renforçait son pouvoir d’intimidation. Il s’agissait probablement de Jacques-Élie Favrot, qui est impliqué dans le meurtre de Quentin Deranque.

Allan Brunon a également fait l’objet d’une polémique en mars 2026 pour avoir insulté un commerçant de « sale tapette » lors d’une altercation, avant de s’en excuser sous la pression de la direction nationale de LFI.

La suite au prochain épisode ?

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