L’observatoire des violences POLITIQUES
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Enquêtes

La complaisance de la justice envers l'extrême gauche

11/6/2026

Le meurtre de Quentin Deranque par des antifas de la Jeune Garde a remis la question des liens entre l’extrême gauche et la justice au cœur de l’actualité. L'extrême gauche a bénéficié pendant des années, de façon parfois étrange, de largesses si ce n’est d’une certaine impunité pour commettre ses méfaits. Selon le recensement effectué par L’Observatoire des violences politiques, de nombreux cas récents montrent un traitement judiciaire particulièrement indulgent envers des militants d’extrême gauche, en contraste avec la sévérité observée dans d’autres affaires impliquant l’extrême droite.

UN LAXISME JUDICIAIRE STRUCTUREL EN FAVEUR DE L’EXTRÊME GAUCHE

S’il est toujours aisé de construire un syllogisme à partir d’un exemple qui pourrait permettre de démontrer que « les militants d’extrême gauche sont rarement jugés, or lorsqu’ils le sont les condamnations sont très légères, donc la justice est complaisante envers l’extrême gauche », force est de constater que de nombreux exemples peuvent être convoqués sur un laps de temps réduit, lesquels permettent ainsi de dégager une tendance.

L’antifa Romain Fargeaud, qui avait insulté et attaqué le porte-parole du RN à Rennes en mai 2024, a été condamné à un stage de citoyenneté et 1 375 euros de dommages et intérêts en février 2025 alors qu’il avait infligé quinze jours d’ITT (incapacité totale de travail) à sa victime ; les antifas rennais qui avaient lynché deux étudiants devant la faculté de droit en février 2025 ont été relaxés car les juges ont considéré que les images captées par le drone étaient inexploitables car hors-périmètre. Ils n’ont pas retenu le fait que les images avaient été prises en flagrance et que cette circonstance permet ainsi d’exploiter le drone en dehors de la limite fixée par la préfecture ; à Toulouse, le 18 avril 2025, huit militants d’extrême gauche affiliés à la mouvance autonome, dont Fiona Zemihi, une avocate du barreau de Toulouse, ont été jugés en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour violation de domicile et dégradations : ils avaient squatté la maison d’un particulier. Durant le procès, les accusés sont restés aussi silencieux que durant leur garde à vue, ils ont nié et ont refusé de s’expliquer. Finalement, malgré les interpellations réalisées au domicile squatté, malgré les profils déjà connus pour leur militantisme d’extrême gauche, malgré le refus de se soumettre au relevé ADN, les militants d’extrême gauche ont été condamnés à... 1 000 euros d’amende avec sursis.

Les exemples pour la seule année 2025 sont encore nombreux. Le 19 avril 2024, Arnaud Monteiro et Alexandre Lélé, deux militants de la Jeune Garde Lyon, ont lynché un sympathisant du RN qui sortait du métro et dérobé son téléphone portable. Après avoir tenté d’inventer une histoire qui ne tenait pas debout, les deux antifas ont reconnu les violences. Jugés en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) le 11 septembre 2025, ils ont été condamnés à six mois de prison avec sursis. Le caractère politique de l'agression n'a pas été retenu, ce qui réduit la gravité de leur condamnation en ôtant une circonstance aggravante. Plus encore, la justice a accepté de ne pas faire figurer la condamnation dans le bulletin n°2 de leur casier judiciaire, ce qui signifie que lorsqu'un employeur leur demandera un extrait de casier judiciaire, celui-ci sera vide. Les deux prévenus ont exprimé leur désir de travailler dans la fonction publique et cette faveur leur permet de ne pas nuire à leur futur professionnel. Arnaud Monteiro, ancien élève à l'ENS Lyon, a déjà travaillé en tant que professeur d'histoire et a exprimé durant la comparution son souhait de devenir CPE. Alexandre Lélé, pour sa part, a exprimé son désir de se mettre au service de l'écologie en travaillant à l'Agence de la transition écologique, l'ADEME. Arnaud Monteiro est pourtant un habitué des agressions. Le 3 octobre 2023, à Lyon, il avait agressé un militant de Génération Zemmour ; une vidéo existe, mais il n’a jamais été inquiété pour cette affaire.

Le 25 avril 2025, à Albi, deux identitaires du mouvement Patria Albiges ont été agressés par une dizaine d’antifas de l’AFA Tolosa. Lynchés par une dizaine de militants d’extrême gauche, le bilan est lourd : un identitaire est frappé à plusieurs reprises au sol et, en plus de nombreux hématomes sur tout le corps, il souffre d’une entorse à la cheville avec traumatisme crânien, tandis que l'autre a reçu au moins un coup de poing américain qui a ouvert son arcade, ce qui lui vaudra huit points de suture et un traumatisme crânien également. Les antifas, pour leur part, sont repartis directement à Toulouse après le lynchage. Alors qu'une dizaine d'antifas a participé à l'agression ultraviolente, seuls trois ont été jugés.

Ces derniers ont utilisé leur carte bancaire dans le bar où a eu lieu l'agression, le gérant dudit bar a identifié le groupe antifa, leur téléphone a confirmé leur présence, de la propagande antifa a été retrouvée à leur domicile, deux des trois accusés ont été formellement reconnus par les deux identitaires agressés... Mais ils ont tout de même été relaxés, alors que le parquet n’avait requis que six mois de prison avec sursis, c’est-à-dire rien qui puisse réellement bouleverser leur vie quotidienne. Les juges estiment en effet qu’en l’absence de vidéos, il est impossible de déterminer qui a réellement porté les coups.

Un dernier exemple pour démontrer un traitement questionnable de l’extrême gauche par la justice, cette fois-ci dans le domaine administratif. Les squats d’extrême gauche, pour beaucoup, sont publics ou identifiés par les autorités pour la plupart. Or, les actions qui visent à évacuer les squats sont globalement peu nombreuses, incomplètes voire inefficaces car après une expulsion, laquelle peut prendre plusieurs années pour être ordonnée, un nouveau squat est généralement rapidement ouvert sans être inquiété. À l’inverse, lorsque l’extrême droite revendique l’ouverture d’un squat, celui-ci est immédiatement neutralisé. Deux cas de squats d’extrême droite peuvent être dénombrés ces dernières années : celui du Bastion Social à Lyon, qui avait duré moins de trois semaines, et celui de l’Alvarium à Angers, qui pour sa part avait publiquement duré moins d’un mois.

La Kunda, un squat occupé par une soixantaine de personnes à Vitry-sur-Seine, partage toute son activité sur internet (salle de sport, salle de cinéma, etc.) et revendique son occupation par des clandestins. Le lieu, ouvert depuis 2020, n'est pas sérieusement inquiété par les autorités. Le 7 juin dernier, La Kunda annonçait par exemple une journée dédiée aux squats grecs.

Il convient évidemment de respecter la singularité des procédures, la complexité des dossiers et le profil particulier des prévenus, mais tous ces exemples de laxisme judiciaire bénéficiant à l’extrême gauche ne sont pas contrebalancés par d’autres exemples qui pourraient infirmer la thèse selon laquelle il existe une complaisance structurelle de la justice envers l’extrême gauche.

DES AFFAIRES CLASSÉES SANS SUITE QUI POSENT QUESTION

Au-delà des condamnations complaisantes, il existe de nombreuses affaires où des militants d’extrême gauche ont été identifiés mais, pour des raisons inexpliquées, il n’y a jamais eu d’enquête poussée ni de procès. Ces affaires non-jugées, qui passent donc sous les radars, ne doivent pas être éludées mais intégrées dans l’analyse car elles constituent des preuves supplémentaires d’une complaisance de la justice envers l’extrême gauche.

Depuis le meurtre de Quentin, la figure de Jacques-Élie Favrot, militant de la Jeune Garde Lyon et assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, est au cœur de l’actualité. Avant que les Français ne découvrent Jacques-Élie Favrot pour son implication directe ou indirecte dans le meurtre d’un opposant politique, cet individu avait pourtant multiplié les méfaits, aussi bien à Lyon qu’à Saint-Étienne, sur le campus délocalisé de Sciences Po Lyon. Il est mentionné dans un rapport de police selon lequel il aurait participé à l’agression en réunion d’un militant nationaliste à la gare de Lyon Perrache en 2024 alors qu’il attendait initialement l’arrivée de Raphaël Arnault. Le rapport mentionne également qu’il a directement porté les coups.

Compte-rendu d'intervention documentant la protection policière accordée à Raphaël Arnault, alors qu’il n'était pas encore élu, sur demande directe de l'adjoint à la sécurité. L'équipage, dépêché à Part-Dieu puis Perrache, précède de quelques minutes l'agression signalée de deux militants nationaliste par Raphaël Arnault et Jacques-Élie Favrot (mis en cause dans l'affaire Quentin).

Des plaintes ont également été déposées à l’encontre de Jacques-Élie Favrot par des étudiants stéphanois qui ont été intimidés, insultés et bousculés par l’antifa de la Jeune Garde. À cette époque, les victimes ne connaissaient pas le nom de leur agresseur, c’est pourquoi les plaintes ne mentionnent pas explicitement son nom mais uniquement un pseudo ou ses initiales « Jef ». Or, ces plaintes ont été tellement négligées que Jacques-Élie Favrot, cadre de la Jeune Garde désormais connu dans toute la France, était inconnu des services de police dans le département de la Loire avant le meurtre de Quentin.

Concernant la Jeune Garde, une soixantaine d’agressions sont documentées (dans les faits, c’est sûrement beaucoup plus), pourtant il y a moins de cinq condamnations qui peuvent être recensées, dont l’une concerne Raphaël Arnault par ailleurs (quatre mois de sursis pour des violences en réunion). Il y a probablement eu plus de condamnations, mais à l'indulgence judiciaire s’ajoute un traitement médiatique particulièrement complaisant.

UNE COMPLAISANCE QUI NE S’APPLIQUE PAS AU CAMP POLITIQUE OPPOSÉ

En février 2025, une trentaine de militants d’extrême droite ont mené une expédition punitive contre des militants d’extrême gauche réunis dans un local situé rue d’Hauteville, dans le Xe arrondissement de Paris.

Paul Driant, un antifa de la Jeune Garde qui est également encarté à la CGT, est finalement le seul à avoir été violenté. Mis à terre et recroquevillé pour éviter les coups, il a essuyé coups de poing et coups de pied et s’est blessé avec les bris de verre qui étaient par terre en tentant de se protéger.

Le jour même, six militants d’extrême droite sont interpellés sur les quais du métro et placés en garde à vue pour tentative d’homicide. En effet, lors de sa prise en charge, la victime présente une plaie au niveau de son dos qui amène les pompiers à déclarer que son pronostic vital est engagé. Cela permet notamment aux secours de prendre en charge la victime plus rapidement. Les pompiers ont également émis l’hypothèse selon laquelle la plaie pourrait provenir d’un coup de couteau. C’est ainsi que les médias se sont emballés au début de l’affaire : en recueillant les premières fuites du dossier, celui-ci a été présenté comme une « descente » durant laquelle des militants d’extrême droite ont poignardé un opposant politique et ont mis ses jours en danger. Les faits, présentés ainsi, sont effectivement extrêmement graves.

En réalité, Paul Driant n’a reçu que trois jours d’ITT (pour une blessure à la main et non pour sa plaie en bas du dos) et son pronostic vital n’a jamais été engagé dans les faits.

Toujours est-il que les agresseurs ont été poursuivis pour violences volontaires avec trois circonstances aggravantes. L’affaire, supervisée par la Sous-direction anti-terroriste (SDAT) et la deuxième division de la police judiciaire, n’en est pas restée là. Après les six gardes à vue et les premières perquisitions, un individu a été placé en détention provisoire. En mai 2025, quatre autres militants d’extrême droite, proches du mouvement « Les Hussards », ont été interpellés, dont certains sur leur lieu de travail. Après des auditions de plus de cinq heures, le parquet a requis la détention provisoire pour trois individus, lesquels ont finalement été soumis à un contrôle judiciaire très strict : changement de domicile, interdiction de se rendre à Paris, interdiction de communiquer avec les autres personnes incriminées, interdiction de manifester, interdiction de quitter le territoire.

Une troisième vague d’arrestations a entraîné l’incarcération de deux militants nationalistes supplémentaires à la fin du mois de mai également et, au fil des mois, ce ne sont pas moins de vingt-cinq individus qui ont été arrêtés par les enquêteurs. Des moyens draconiens ont été déployés pour les appréhender, à commencer par les services de renseignements qui ont surveillé des suspects au point de connaître leurs habitudes de vie. Dans cette affaire, près de 100 % des militants d’extrême droite ont été identifiés, ce qui constitue un fait relativement rare dans une enquête où le blessé n’est crédité que de trois jours d’ITT.

Pour mieux nuire aux militants d’extrême droite, le parquet a systématisé les demandes de placement en détention provisoire et a interjeté appel de la décision lorsqu'elle n’allait pas dans son sens. Si le parquet, en faisant appel, n’a obtenu gain de cause pour aucun des suspects, cette stratégie a permis de les presser psychologiquement et de les asphyxier financièrement. Lors d’une audition pour statuer sur l’emprisonnement de certains détenus, la juge en a également profité pour faire une leçon de morale aux militants d’extrême droite contre lesquels elle semblait peiner à contenir son ressentiment, tandis qu’avant d’examiner leurs dossiers, elle était en train de rigoler avec des Kanaks poursuivis pour des faits de violences bien plus graves contre les forces de l’ordre en Nouvelle-Calédonie.

Dès le début de l’enquête, le dossier a régulièrement fuité dans la presse et des informations très détaillées ont été publiées, telles que les noms des prévenus, leur situation ou encore le contenu de leurs auditions et de leurs perquisitions.

L’enquête est à l’heure actuelle encore en cours et d’autres interpellations pourraient arriver. Les vingt-cinq prévenus ont été examinés par des experts psychiatriques et psychothérapeutes, ce qui démontre que des moyens importants et coûteux sont mobilisés afin de neutraliser l’extrême droite parisienne. D’importants et coûteux moyens sont déployés contre les militants : expertises psychologiques, usage de logiciels et de service privés pour craquer les téléphones, mobilisation des services de renseignements... En somme, des moyens qui ne sont jamais déployés pour des agressions d’extrême gauche similaires.

Un exemple équivalent à l’attaque d’extrême droite pourrait être l’attaque d’un bar à Rennes par des antifas lors d’une soirée organisée par le journal L'Étudiant Libre en novembre 2019. Les antifas avaient caillassé la terrasse et lancé de l’ammoniac. Un homme avait été touché et aurait pu perdre son œil. Pourtant, alors que l’attaque a eu lieu dans le centre-ville et que les assaillants s’étaient probablement préparés au sein du bar antifa Le Papier timbré, il n’y a jamais eu d’enquête et donc aucune condamnation. Pas le moindre procès.

Comment la justice peut-elle, d’un côté, parvenir à réprimer et à neutraliser une partie de la mouvance d’extrême droite à Paris pour une affaire qui ne comporte que trois jours d’ITT et d’un autre côté, ne pas être capable de sévir contre des militants d’extrême gauche qui commettent bien plus de dégradations et de violences, souvent bien plus graves par ailleurs ? Cette différence de traitement soulève la question de la proximité idéologique de certains magistrats avec les idées de l’extrême gauche.

Pourquoi vingt-cinq militants d’extrême droite sont-ils arrêtés tandis que l’agresseur de Jean-Pierre, un militant RN agressé en décembre dernier, n’a jamais été inquiété par la justice ? L’agresseur est pourtant parfaitement identifié.

Et cette affaire n’est pas le seul exemple. Les militants identitaires des Natifs sont également harcelés judiciairement pour des actions symboliques qui ne visent qu’à véhiculer un message politique. Que ce soit pour des inscriptions en mémoire de Lola devant le tribunal de Paris lors du procès de sa meurtrière, une banderole pour s’opposer à la présence d’Aya Nakamura à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, une banderole pour dénoncer l’inaction des autorités dix ans après les attentats de Paris (Bataclan) ou encore du faux sang déversé sur le siège de la France insoumise (LFI) après le meurtre de Quentin, à chacune de leur action ou presque les membres du mouvement identitaire parisien sont convoqués et placés en garde à vue voire jugés et condamnés. La différence de traitement n’est pas seulement curieuse, elle est incompréhensible. Lorsqu’il s’agit de réprimer la violence d’extrême droite et même les actions d’agit-prop de cette mouvance (par définition non violentes), la volonté politique et la justice font preuve d’une synergie remarquable et elle se traduit par des procédures qui ne se comptent plus et qui sont traitées en un temps record. En revanche, il apparaît que les affaires concernant l’extrême gauche font parfois l’objet d’un blocage, tandis que certaines sont tout bonnement reléguées sous la pile, mises sous le tapis, comme si elles n’existaient pas. Les autorités ont prouvé qu’elles avaient les moyens de débusquer les responsables, de les poursuivre et de les neutraliser judiciairement. La problématique n’est donc ni technique ni juridique, mais politique et idéologique. Les juges, les médias et une partie de la classe politique portent une lourde responsabilité dans le sentiment d’impunité qui permet à l’extrême gauche de multiplier les violences, comme l’a démontré le bilan des violences d’extrême gauche en 2025 publié par L’Observatoire.

Fait plus ahurissant encore, alors que les trois antifas toulousains ont été relaxés en première instance pour l’agression des deux militants identitaires albigeois, L’Observatoire a été condamné pour atteinte à la présomption d’innocence ! Si ces militants d’extrême gauche sont condamnés en appel, ce qui n’est pas impossible, L’Observatoire aura été condamné à verser 3 000 euros à des individus qui auront finalement été condamnés. Malgré un dossier bien fourni, ce sont les victimes qui ont été punies car dans cette affaire, onze identitaires ont été condamnés pour avoir cherché à obtenir des réponses à la suite de l’agression de leurs deux camarades. L’un d’eux est désormais sous bracelet électronique.

Les comparaisons peuvent s’enchaîner à volonté : un militant nationaliste du mouvement Hélix Dijon a été condamné à trois mois de prison avec sursis pour avoir fait la promotion d’une soirée « White boy summer » sur la page Instagram du groupe, tandis que les réseaux sociaux d’Hélix Dijon ont été suspendus pour une durée de six mois. En revanche, le compte X de la GALE, un groupuscule antifa lyonnais dissous en 2023, est encore actif à ce jour et jamais aucune poursuite n’a été documentée à ce sujet. Cela s’apparente pourtant à une reconstitution de ligue dissoute.

Cette politisation de la justice semble donc faire peu de doute au vu de la récurrence des écarts de traitement selon le bord politique. Cette clémence à l’issue finale de la procédure ne signifie pas que l’extrême gauche n’est jamais visée par des enquêtes ou dans la ligne de mire de l’État. Toutefois, lorsque la Sous-direction anti-terroriste (SDAT) est saisie, comme ce fut le cas à Limoges pour trois saboteurs qui avaient brûlé des véhicules appartenant à Enedis ainsi qu’un pylône émetteur TDF, ils n’ont finalement été condamnés qu’à de la prison avec sursis et ne passeront pas le moindre jour derrière les barreaux, étant donné qu’ils n’ont pas fait de détention provisoire. Or, la SDAT, dans le cas de l’extrême gauche, n’est saisie que pour des affaires importantes, tels que des sabotages qui peuvent correspondre à des atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation. De la même façon, alors qu’une centaine de militants d’extrême gauche ont envahi et dégradé une cimenterie appartenant à Lafarge en décembre 2023, seules neuf personnes avaient été jugées en première instance, et cinq étaient condamnées uniquement à de la prison avec sursis et des amendes. Le verdict pourrait être encore plus clément en appel. Le procureur de la République, Rémi Coutin, avait refusé de qualifier les prévenus d’« écoterroristes ». Au contraire, il avait lui-même souligné qu’en vertu de l'urgence climatique, l’engagement écologiste est légitime.

UNE COMPLAISANCE QUI S’EXPLIQUE PAR DES LIENS IDÉOLOGIQUES ENTRE DE NOMBREUX MAGISTRATS ET LES ANTIFAS

Le laxisme judiciaire est la suite logique du laxisme politique et médiatique. Il est le point final d’un processus plus global qui permet aux militants d’extrême gauche de jouir d’un sentiment d’impunité et de renouveler indéfiniment leurs méfaits. Il ne convient pas de dire que les antifas sont sciemment complices du « système » et qu’ils travaillent main dans la main avec l’État, car tout révolutionnaire, qu’il soit d'extrême droite ou d’extrême gauche et qui vise sincèrement à abattre le régime en place et à combattre les personnes qui dominent l’État est par définition ennemi de cet État. Toutefois, les autorités peuvent utiliser leurs ennemis comme des pions afin de mieux se prémunir d’autres dangers. Les antifas, en attaquant l’opposition nationaliste et en sabotant les mouvements sociaux en faisant preuve d’une violence que l’État laisse parfois se produire sans s’y opposer, incarnent une opposition extrémiste utile au pouvoir dans certaines situations délicates.

De même, au sein de ce même État, il y a des corporations qui peuvent être plus ou moins favorables tantôt à l’extrême gauche, tantôt à l’extrême droite. Par exemple, la base de la police nationale est plutôt favorable à l’extrême droite tandis que les magistrats, notamment ceux qui sont syndiqués au Syndicat de la magistrature (lequel représente un magistrat sur trois), sont notoirement favorables à l’extrême gauche et en phase avec ses idées. Ce syndicat ne le cache pas et le revendique même.

Au sujet de l’affaire Quentin, le Syndicat de la magistrature s’est fait remarquer avec un communiqué qui cite à trois reprises l’ « extrême droite » et qui ne parle pas une seule fois de l’extrême gauche ou des antifas. De même, le propos ne vise pas à dénoncer les violences d’extrême gauche, mais à constater que « les digues cèdent face à la montée des idées fascistes dans l’indifférence générale. » En guise de conclusion, loin de promettre que la justice fera son travail pour condamner les meurtriers de Quentin, le Syndicat d’extrême gauche affirme qu’il « continuera de dénoncer les compromissions face au danger que représente l’extrême droite et s’inquiète de l’effacement croissant des garants de la démocratie. » 

Du fait des tendances politiques inhérentes aux individus qui interprètent la loi, les condamnations et les poursuites à l’encontre de militants d’extrême gauche sont généralement moins accablantes que pour un militant d’extrême droite.

Toutefois, les antifas de la Jeune Garde qui ont assassiné Quentin ne devraient également pas ou peu bénéficier de la complaisance de la justice, étant donné que tous les projecteurs seront braqués sur le procès. Ils devront tout miser sur une enquête bâclée.

CONCLUSION

Si les affaires ne manquent pas pour consterner les Français et accréditer la thèse selon laquelle l’extrême gauche profiterait de la clémence de la justice, l’indignation s’essouffle rapidement après un scandale et le problème persiste.

Alors que la justice est actuellement sous le feu des critiques du fait de ses dysfonctionnements et de son laxisme structurel, qui bénéficie même à des individus accusés de pédophilie et de viols, un laxisme politique bénéficie structurellement à l’extrême gauche, dont la mouvance est perçue positivement par de très nombreux magistrats. S’il est par définition impossible de prouver qu’une décision a été rendue du fait d’un biais idéologique partisan, cette enquête démontre que, dans un grand nombre de cas, la justice traite avec une indulgence manifeste les militants d’extrême gauche. Un traitement qui contraste fortement avec celui réservé à d’autres mouvances.

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