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Manifestations anti-police dans toute la France : violences, arrestations et journalistes agressées

22/9/2026

Près de 50 000 personnes ont manifesté dimanche 20 septembre dans toute la France contre la proposition de loi instaurant une présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre, après de premières mobilisations organisées dès la veille dans plusieurs villes. Très investies par La France insoumise et différentes organisations de gauche et d’extrême gauche, les manifestations du week-end ont notamment été marquées par des dégradations à Paris et plusieurs interpellations à Toulouse et Reims.

Le texte dénoncé prévoit que lorsqu’un policier ou un gendarme utilise son arme, il est présumé avoir agi dans l’un des cas autorisés par la loi, dans des conditions d’absolue nécessité et de stricte proportionnalité. Cette présomption peut être renversée par des éléments de preuve contraires. Ses opposants ont rebaptisé le texte « permis de tuer ».

À Paris, « À bas la police », dégradations et journalistes agressées

La principale manifestation s’est déroulée à Paris, où 21 000 personnes ont défilé selon la préfecture de police entre la place de la République et Nation. La France insoumise était particulièrement représentée. Jean-Luc Mélenchon, Éric Coquerel ou encore le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko ont notamment pris part au cortège. Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, a affirmé que « la police tue déjà » et appelé à « faire échouer » la proposition de loi.

La fin de la manifestation a été marquée par des dégradations et des tensions avec les forces de l’ordre. Celles-ci ont fait usage de gaz lacrymogènes et la vitrine d’un commerce a été brisée. De plus, deux journalistes de BFMTV, venues couvrir le rassemblement, ont été « violemment prises à partie et menacées verbalement », selon leur chaîne. Les deux femmes ont dû être exfiltrées du rassemblement.

BFMTV a dénoncé des « intimidations inadmissibles » et annoncé se réserver la possibilité d’engager des poursuites judiciaires.

Toulouse : cinq arrestations en fin de cortège

La mobilisation a également été importante à Toulouse. Environ 3 700 personnes, selon la préfecture, ont manifesté depuis le parvis de la gare Matabiau. La fin du cortège a donné lieu à cinq arrestations, selon La Dépêche du Midi.

Reims : quatre interpellations et mobilisation de l’extrême gauche en soutien

À Reims, la mobilisation s'est déroulée dès le samedi 19 septembre avec environ 150 personnes. Quatre antifas ont été interpellés : deux individus de 27 et 45 ans pour avoir agressé une autre personne et s’être rebellés durant l’interpellation ; un autre, âgé de 42 ans, pour avoir manifesté alors qu’il était sous le coup d’une interdiction de manifestation ; enfin, un quatrième pour avoir crié « ACAB ». Celui-ci a été cueilli durant la mobilisation antifasciste devant le commissariat, en soutien aux trois premiers individus arrêtés. 

Car après la manifestation contre la police, le noyau antifa local s’est effectivement rendu devant le commissariat pour soutenir leurs camarades. Ce rassemblement s’est renouvelé le lendemain, dimanche. 

Selon leur propre récit, trois des interpellés faisaient partie d’un groupe qui retournait vers la maison des syndicats afin d’y déposer du matériel et des drapeaux lorsqu’ils ont été arrêtés. Un rassemblement de soutien s’est ensuite organisé devant le commissariat. Un quatrième militant aurait été interpellé après ce rassemblement.

Finalement, l’antifa qui n’avait pas le droit de manifester devra payer 200 euros d’amende. Celui qui a crié « ACAB », également poursuivi pour avoir refusé de se soumettre aux opérations de relevé signalétique (empreintes digitales, etc.), sera jugé le 8 décembre prochain. Enfin, concernant les deux agresseurs, ils seront jugés le 2 novembre prochain. Tous deux sans emploi, ils ont été identifiés grâce aux images de vidéosurveillance comme faisant partie d’un groupe composé de trois hommes et d’une femme ayant agressé une personne avant de rejoindre la manifestation contre la police et de changer de vêtements. 

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