
Des militants d'extrême gauche revendiquent l'incendie du fabricant des LBD de la police française, des millions d’euros de dégâts
L'incendie s'est déclaré peu après 3h du matin, jeudi 29 octobre, dans les locaux de Brügger & Thomet (B&T), situés à Thoune, dans le canton de Berne, en Suisse. Lorsque les pompiers sont arrivés sur place, le bâtiment était déjà entièrement embrasé.
L'entreprise est notamment connue pour fabriquer le GL06, commercialisé en France sous le nom de LBD 40, utilisé par les forces de l'ordre lors d'opérations de maintien de l'ordre.
Une attaque revendiquée par l'extrême gauche
Le lendemain, les Soulèvements de la Terre ont diffusé une vidéo qu'ils affirment avoir reçue et qui revendique le sabotage.
La revendication fait directement référence à la situation française. Les auteurs dénoncent l'utilisation des LBD contre les manifestants, notamment lors des mobilisations des dernières semaines mais aussi des dernières années, et présentent leur action comme un geste de solidarité avec les personnes blessées par les forces de l'ordre.
La piste de militants français
Plusieurs éléments laissent envisager une implication de Français dans cette attaque. Outre les références explicites aux mobilisations françaises, la vidéo a principalement circulé dans des réseaux anarchistes francophones.
L'incendie intervient dans un contexte de fortes tensions en France, marqué par plusieurs semaines de manifestations dites contre la vie chère, de violences urbaines et d'affrontements entre groupes d’extrême gauche et forces de l'ordre.
L'utilisation des LBD a notamment été dénoncée après les blessures subies par plusieurs manifestants, comme à Tours, où un adolescent de 16 ans a perdu l'usage d'un œil.
La télévision publique suisse RSI a elle-même évoqué, le 3 novembre, l'hypothèse d'une opération menée par des militants français d'extrême gauche.
Le quotidien suisse Blick souligne cependant que la revendication a également été relayée dans les milieux de gauche radicale bernois. Le directeur de Brügger & Thomet n'exclut donc pas une participation de militants suisses.
S’il ne s’agit pas de Français, ce sabotage illustre alors la dimension transfrontalière des réseaux d’extrême gauche et leur solidarité.
Selon le directeur de l'entreprise, Karl Brügger, les dégâts pourraient atteindre 12 à 20 millions de francs suisses.


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