
Nancy : accusé d’être un « facho », un homme lynché par une vingtaine d’antifas lors de la manifestation du 31 octobre
Un lynchage revendiqué. La scène s'est déroulée samedi 31 octobre, en fin de journée, rue Saint-Jean, dans le centre-ville de Nancy. Alors que plusieurs milliers de manifestants participaient à une nouvelle journée de mobilisation, une rumeur concernant la présence de militants d'extrême droite s'est propagée dans le cortège.
Selon un article de L'Est Républicain, un groupe d'individus vêtus de noir a remonté la foule, accompagné de manifestants scandant « Nancy antifa ». Arrivés devant la Banque Populaire, au milieu de curieux qui avaient sorti leurs téléphones pour filmer, plusieurs militants d’extrême gauche s'en sont pris à un homme accusé d'être un « facho ». Ils l’ont obligé à sortir son téléphone afin que le NKVD improvisé vérifie ses publications et les comptes qu’il suit. Visiblement, ils n’ont rien trouvé, mais la victime a tout de même été jetée au sol puis rouée de coups. Un témoin interrogé par le quotidien régional décrit une agression particulièrement violente perpétrée par une vingtaine d’individus, évoquant notamment des coups de pied et de poing.
D'après les informations recueillies par L'Observatoire, la victime n'est pourtant pas connue des milieux nationalistes locaux.
Un anarchiste intervient pour arrêter le lynchage
C'est finalement un intervenant inattendu qui a mis fin au passage à tabac : Loïc Schneider, un anarchiste connu sous le surnom de « moine de Sainte-Soline ». Selon L'Est Républicain, il s'est précipité au milieu des agresseurs avec trois ou quatre autres personnes pour extraire la victime, faisant rempart de son corps et recevant lui-même quelques coups. Comble de l’ironie, Loïc Schneider, en venant en aide à la victime, a lui-même été accusé d’être un fasciste.
Le militant raconte avoir été sidéré par la scène. Il souligne que les assaillants s’acharnaient sur un homme seul, sans même savoir s'il appartenait réellement à l'extrême droite. La victime, ensanglantée, a ensuite été évacuée.
Loïc Schneider, le « moine de Sainte-Soline », déjà condamné à plusieurs reprises
Celui qui a contribué à mettre fin à ce lynchage n'est pas un inconnu de la mouvance anarchiste et écologiste radicale.
Militant de longue date et partisan du sabotage, Loïc Schneider s'est notamment engagé dans les mobilisations contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, contre le projet d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure et dans les manifestations écologistes en Allemagne.
En 2017, il avait participé aux violences survenues en marge du sommet du G20 à Hambourg. Condamné à trois ans de prison pour avoir lancé un pétard dans une banque, il avait effectué seize mois de détention en Allemagne après trois mois de cavale, selon Télérama.
En janvier 2023, lors de l'évacuation du village de Lützerath, occupé par des militants opposés à l'exploitation du charbon, il s'était fait remarquer dans une vidéo devenue virale en faisant tomber des policiers allemands embourbés, alors qu'il était déguisé en moine.
Ces faits lui avaient valu une nouvelle condamnation, en février 2025, à une amende de 4 200 euros par un tribunal allemand.
Quelques mois après les événements de Lützerath, il avait également participé à la manifestation interdite contre les mégabassines de Sainte-Soline, le 25 mars 2023. Il lui était notamment reproché d'avoir tagué un véhicule de gendarmerie et exhibé une veste appartenant aux forces de l'ordre, qui avait donc été volée. Condamné en première instance à un an de prison, sa peine avait ensuite été ramenée à six mois en appel.
L'État lui réclame désormais 53 000 euros
Son passé judiciaire est récemment revenu dans l'actualité. En effet, l'État réclame 53 000 euros à Loïc Schneider pour avoir saboté des véhicules de gendarmerie, toujours à Sainte-Soline. Son procès, qui devait se tenir le 9 octobre dernier, a finalement été reporté au 11 juin 2027.
Ainsi, celui qui s'était illustré par ses confrontations avec les forces de l'ordre s'est cette fois interposé pour protéger un homme pris pour un militant d'extrême droite. Une intervention d'autant plus remarquable que les agresseurs agissaient au nom de l'antifascisme, la vache sacrée de l'extrême gauche.
Plus encore, Loïc Schneider avait en réalité été interdit de manifester lors de la mobilisation du samedi 31 octobre à Nancy, mais il n’avait pas reçu le courrier du ministère de l’Intérieur à temps et n’avait donc pas été informé de cette interdiction avant de participer au rassemblement.
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