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Nantes : onze militants d'extrême gauche arrêtés après de nouvelles dégradations contre le futur centre de rétention administrative

19/9/2026

La mobilisation contre le futur centre de rétention administrative (CRA) de Nantes franchit une nouvelle étape. Dix militants d’extrême gauche ont été interpellés le dimanche 6 septembre, vers 19h45, sur le site du futur centre, après la découverte de nombreux clous de charpentier plantés dans des arbres destinés à être abattus. Six d’entre eux font désormais l’objet de poursuites judiciaires.

Les dix antifas avaient été interpellés aux abords du chantier, à proximité de la maison d’arrêt de Nantes-Carquefou, équipés de visseuses et de tournevis. Ils sont soupçonnés d’avoir planté de gros clous dans les troncs afin d’empêcher ou de compliquer leur abattage. Une méthode qui n’est pas sans danger pour les bûcherons chargés du défrichement : la présence de pièces métalliques dissimulées dans le bois peut provoquer des accidents lorsqu’elles entrent en contact avec une tronçonneuse ou du matériel d’abattage. La chaîne de l’outil pourrait se rompre et gravement blesser le travailleur. Pour pénétrer sur le site, les militants d’extrême gauche ont par ailleurs détruit la clôture.

Au total, onze personnes ont été placées en garde à vue, étant donné qu’un individu a été interpellé lundi 7 septembre, vers 17h30, pour avoir tenté d’entraver le chantier. Plusieurs interpellés ont refusé de décliner leur identité et ont gardé le silence.

Finalement, six militants d’extrême gauche sont poursuivis pour participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ou dégradations. Les individus qui ont refusé de donner leurs empreintes comparaîtront également pour délit de refus de se soumettre aux opérations de relevé signalétique.

Des mois de dégradations contre le CRA

Ces interpellations interviennent après plusieurs mois d’actions de l’extrême gauche contre le futur CRA nantais et les entreprises participant à sa construction.

Dès la fin du mois de février, plusieurs entreprises impliquées dans des projets de CRA avaient été ciblées à Nantes. Le 19 avril, les militants d’Extinction Rebellion et des Soulèvements de la Terre avaient revendiqué une action contre le siège de Léon Grosse, maître d’œuvre du futur CRA nantais. La façade de l’entreprise, située à Saint-Herblain, avait été recouverte de peinture rouge.

Quelques semaines plus tard, à la mi-mai, Léon Grosse était de nouveau pris pour cible. Une nouvelle dégradation était revendiquée dans un texte intitulé « Léon Grosse - les collabos - à nouveau visités ».

À la fin du mois de juillet, les militants s’étaient cette fois directement attaqués au chantier. Les grilles de sécurité qui venaient d’être installées autour du terrain avaient été déboulonnées et mises à terre. Dans leur revendication, les auteurs encourageaient explicitement d’autres militants à reproduire leur action, en leur conseillant de venir équipés de clés plates ou d’une clé à molette.

L’État accélère pour éviter l’installation d’une ZAD

Face à la mobilisation, les services de l’État semblent vouloir éviter que l’opposition au CRA ne s’installe durablement sur le terrain. Le nouveau préfet de Loire-Atlantique, Laurent Hottiaux, avait annoncé dès le 21 juillet sa volonté de faire avancer rapidement le projet. Le permis de construire a été délivré le 18 août, puis l’autorisation environnementale le 1er septembre. Quelques jours seulement après les interpellations, les opérations de défrichement ont commencé.

Selon Mediacités, cette accélération vise notamment à écarter la menace de voir émerger une ZAD sur le site. Le précédent de Notre-Dame-des-Landes reste évidemment particulièrement présent en Loire-Atlantique. Les opposants ne cachent d’ailleurs pas leur volonté d’inscrire leur mobilisation dans cette filiation.

Le futur CRA doit être construit sur environ cinq hectares à proximité de la maison d’arrêt de Nantes-Carquefou. Il doit compter 140 places et permettre notamment de retenir des clandestins dans l’attente de leur expulsion.

Une nouvelle manifestation samedi 19 septembre

Malgré les interpellations et le démarrage du défrichement, les militants d'extrême gauche entendent poursuivre leur mobilisation. Une nouvelle manifestation contre le CRA était organisée ce samedi 19 septembre à 15h, directement au Champ-de-Manœuvre, sur le site du projet. L'appel était porté par plus de trente organisations, c'est-à-dire par toute l'extrême gauche, dont la CGT, LFI, les Soulèvements de la Terre ou encore la Ligue des droits de l’Homme. La manifestation a finalement été interdite par la préfecture mais s’est déroulée à un autre endroit.

La mobilisation doit ensuite se poursuivre : les Soulèvements de la Terre appellent à une mobilisation nationale le samedi 10 octobre, avec un premier rassemblement à proximité du chantier nantais, puis un convoi de tracteurs et de vélos en direction de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Le mouvement annonce notamment des « semis anti-CRA » sur des terres que l’État souhaite utiliser au titre des mesures de compensation écologique liées au projet et revendique explicitement la volonté de « mettre des bâtons dans les roues » du futur centre.

Après plusieurs mois de dégradations et alors que les travaux viennent de commencer, le futur centre de rétention administrative nantais devrait donc continuer à cristalliser les mobilisations de l’extrême gauche locale.

Pour rappel, un CRA vise à enfermer des étrangers, souvent sous OQTF, en attendant qu’ils soient expulsés.

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