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Rennes : le militant d’extrême gauche Sacha Roupie menace de mort des militants de droite, il finit par accepter une composition pénale

28/8/2025

L’extrême gauche rennaise ne rate jamais une occasion de remplir les colonnes de L’Observatoire et, tel André Gide dans son roman Les Faux monnayeurs, elle pratique la mise en abîme à la perfection. En effet, une affaire judiciaire concernant un militant d’extrême gauche rennais s’est imbriquée dans une autre affaire impliquant des militants d’extrême gauche rennais. Plongez dans un récit qui illustre parfaitement à la fois la bêtise de ces derniers et leur sentiment d’impunité, lequel peut parfois s’avérer défaillant.

LE LYNCHAGE QUI PRÉCÈDE LES MENACES DE MORT

Le 27 février dernier, des militants d’extrême gauche ont manifesté illégalement pour dénoncer la politique d’austérité qui frapperait selon eux les établissements d’enseignement supérieur et notamment le bastion des antifas, Rennes 2. Le cortège avait déambulé devant la faculté de droit, située dans le centre-ville de Rennes. À cette occasion, deux étudiants affiliés au Rassemblement National (RN) qui attendaient devant l’entrée du bâtiment avaient été reconnus comme tels par les antifas, qui ont immédiatement entrepris de les lyncher. L’Observatoire est le média qui a le plus évoqué cette affaire, en réalisant notamment une enquête très approfondie sur le déroulement de l’agression ainsi que sur le profil des agresseurs.

L'EXTRÊME GAUCHE SE RASSEMBLE POUR SOUTENIR DES AGRESSEURS

Notamment grâce à la captation vidéo par drone, cinq antifas avaient rapidement été appréhendés par les forces de l’ordre et placés en garde à vue. L’issue du procès favorable aux antifas est une autre histoire, mais un procès a bel et bien eu lieu. L’incident relaté ici s’est déroulé lors de la comparution immédiate, le 4 mars, à partir de 15h30. Les agresseurs et les voleurs, qui ont finalement demandé un report de leur procès, ont tout de même bénéficié d’un comité de soutien d’extrême gauche devant le tribunal. Naturellement, les victimes, à savoir les deux étudiant affiliés au RN, se sont également rendus à l’audience accompagnés de leurs proches. À la sortie de l’audience, dont la durée fut réduite du fait du report du procès, la collision entre les deux camps fut inévitable.

Les antifas, dont le rassemblement n’était pas déclaré et donc illégal, supérieurs numériquement, n’ont pas hésité un seul instant à alpaguer les victimes et leurs soutiens, en les filmant et en les insultant. Du côté des victimes, de l’ « extrême droite », aucun geste ni parole déplacés n’ont été constatés.

L’Union Pirate, le syndicat dominant à Rennes 2, a revendiqué sa présence au rassemblement visant à glorifier les délinquants antifas et a publié une vidéo dont le but était de stigmatiser et de ficher les deux étudiants agressés et leurs soutiens. De nombreux participants au rassemblement d’extrême gauche y sont également allés de leur petite « story » sur le réseau social Instagram, d’une part pour flatter leur cercle social et montrer qu’ils sont de bons militants, d’autre part dans l’objectif de diffuser le plus possible les visages de leurs ennemis politiques.

RÉVOLUTIONNAIRE SUR INSTAGRAM...

C’est ainsi qu’intervient le héros ce cette enquête, Sacha Roupie. Sacha Roupie est le secrétaire de la FSE (Fédération syndicale étudiante) à Rennes 2, un syndicat d’extrême gauche né d’une scission de l’UNEF en 2019 et qui est fortement impliqué dans les luttes anti-impérialiste et antifasciste. Relativement insignifiant, le syndicat ne dispose pas du moindre élu à Rennes et est donc dépourvu de locaux. Sacha Roupie souhaite toutefois cultiver une posture de révolutionnaire et pour cela, il est prêt à grimper sur toutes les barricades virtuelles. Dès lors, via son compte Instagram ouvert au public, il a estimé qu’il était de bon aloi de reprendre la vidéo de l’Union Pirate tout en commentant :

« retenez bien les visages, c'est les têtes qu'on exposera une fois coupées »

Story Instagram de Sacha Roupie.

La bonne idée s’est vite retournée contre Sacha Roupie, qui fut tout surpris lorsqu’il vit les policiers frapper à sa porte le 25 mars pour l’emmener s’expliquer en garde à vue durant quelques heures à propos de ses menaces de mort. Évidemment, son syndicat a adopté une stratégie victimaire et a affirmé un soutien inconditionnel à son militant.

... QUI RECONNAÎT FINALEMENT SA CULPABILITÉ POUR ÉVITER UN PROCÈS

Sans que son syndicat ni personne ne l’avoue, le révolutionnaire Sacha Roupie, acculé, a finalement accepté une composition pénale ! Peu reluisante, la composition pénale permet à celui qui reconnait sa culpabilité d’échapper au procès en acceptant un arrangement avec la justice. Pour sa part, Sacha Roupie a préféré payer deux cents euros d’amende plutôt que de se rendre à une audience.

Son calcul n’est pas sans intérêt étant donné que depuis quelques jours, les cercles trotskistes l’ont érigé en super-héros antifasciste et ont ouvert une cagnotte afin de l’aider à régler ses « frais de justice » et ses « frais d’avocats », qui comme par hasard seraient relativement élevés. Plus de mille euros ont été récoltés pour M. Roupie, dont le nom laisse suggérer qu’il n’est pas novice dans le maniement de la monnaie.

Cette affaire est un véritable retour de bâton pour ce jeune étudiant d’extrême gauche qui, à l’avenir, réfléchira peut-être à deux fois avant de menacer de mort ses ennemis politiques.

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