
Des militants d’extrême gauche revendiquent des dégradations contre la permanence du député LFI Éric Coquerel
La permanence parlementaire du député LFI Éric Coquerel, située à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), a été la cible de dégradations dans la nuit du 5 au 6 octobre 2026. Ces dégradations ont été revendiquées par la mouvance autonome.
Dans un communiqué publié le 6 octobre sur le site militant Indymedia Nantes, le « Collectif Anonyme Nyctalope pour la Croissance de la Révolte Écolière » (C.A.N.C.R.E.) affirme avoir recouvert la permanence de plusieurs tags : « Fuck LFI », « Nike les appels au calme » et « Soutien aux lycéens ».
Ces militants d’extrême gauche reprochent à Éric Coquerel et aux autres représentants des partis de gauche de chercher à récupérer politiquement la mobilisation dite lycéenne qui secoue la France depuis plusieurs semaines.
Le communiqué est particulièrement explicite. Les militants accusent LFI de vouloir « pacifier » la contestation, notamment en condamnant les violences commises pendant les manifestations et les blocages d'établissements scolaires.
Ils dénoncent ainsi les appels au calme, les condamnations des violences et les discours visant les « éléments extérieurs perturbateurs », et considèrent que ces prises de position font des responsables politiques de gauche des ennemis des mouvements révolutionnaires.
Le texte se termine par une formule sans ambiguïté : « Morts à tous les chefs, tous les pacificateurs, tous les récupérateurs. »
Ces dégradations constituent un rappel utile : pour l’extrême gauche révolutionnaire, LFI ne constitue qu’un parti social-démocrate réformiste, qui s’en remet aux urnes et refuse d’embrasser la voie révolutionnaire.
Il est vrai que LFI oscille entre soutien aux révoltes et désolidarisation des violences. À quelques mois de l’élection présidentielle, l’équilibre est difficile à tenir. Pas plus tard que le 30 septembre, Coquerel se trouvait pourtant aux côtés des antifas parisiens à la Bourse du travail, pour un meeting en faveur de la libération de l’antifa Gino, dont l'extradition vers l'Allemagne a finalement été validée par la Cour de cassation (il est accusé de graves violences commises en février 2023 à Budapest).
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