
La Cour de cassation valide l’extradition de l’antifa Gino, accusé de violences à Budapest
La parenthèse française touche à sa fin pour Rexhino « Gino » Abazaj. Mercredi 30 septembre, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi du militant antifasciste italo-albanais et validé définitivement sa remise à la justice allemande. Cet individu est recherché par la justice du fait de sa participation aux violentes attaques commises contre plusieurs personnes isolées à Budapest en février 2023.
La plus haute juridiction judiciaire française a confirmé la décision rendue le 19 août dernier par la cour d’appel de Paris. Gino ne dispose désormais plus de recours en France contre sa remise aux autorités allemandes. Il sera donc extradé sous peu.
Accusé d’avoir participé à des guet-apens à Budapest
Rexhino Abazaj est recherché dans le cadre des violences commises à Budapest en février 2023, en marge du « Jour de l’Honneur », un rassemblement réunissant des militants nationalistes de toute l’Europe.
Plusieurs petits groupes antifascistes avaient alors traqué puis agressé des personnes isolées qu’ils considéraient comme appartenant à l’extrême droite. Certaines victimes avaient été attaquées à coups de matraque ou de marteau, et l’une d’elles avait été littéralement laissée pour morte.
Gino est accusé d’avoir participé à ces expéditions punitives. Il encourt jusqu’à vingt-quatre ans de prison en Hongrie et jusqu’à dix ans en Allemagne, plusieurs des victimes présumées étant allemandes.
L’antifa avait été arrêté en France à la fin de l’année 2024 à la suite d’un mandat d’arrêt européen délivré par la Hongrie. Après plusieurs mois de détention à Fresnes, la justice française avait finalement refusé, en avril 2025, de le remettre aux autorités hongroises. La cour d’appel de Paris avait notamment invoqué les risques de traitements inhumains en détention ainsi que des incertitudes concernant son droit à un procès équitable en Hongrie. Cette décision avait alors été célébrée par l’ensemble de la mouvance antifasciste française, à commencer par la France insoumise (LFI), dont certains députés, tels que Thomas Portes ou Raphaël Arnault, ont fait du combat pour Gino une de leurs priorités.

La justice française accepte finalement de le remettre à l’Allemagne
La joie fut de courte durée, car l’Allemagne a ensuite émis son propre mandat d’arrêt européen. Rexhino Abazaj avait de nouveau été arrêté en décembre 2025, avant d’être libéré et placé sous contrôle judiciaire. Cette fois-ci, les arguments liés aux droits de l’homme n’ont pas pu être invoqués.
Ses avocats et ses soutiens redoutent désormais que l’Allemagne puisse ensuite le transférer en Hongrie. Cette possibilité est régulièrement avancée par son comité de soutien, qui cite notamment le précédent de Maja T., autre militant antifasciste impliqué dans l’affaire de Budapest et remis par l’Allemagne à la Hongrie en 2024.
LFI et l’extrême gauche mobilisées pour Gino
Depuis son arrestation en France, Rexhino Abazaj bénéficie d’une importante mobilisation de l’extrême gauche française.
Mercredi soir, plusieurs centaines de personnes se sont réunies à la Bourse du travail de Paris lors d’un meeting organisé par le Comité Solidarité Budapest. Olivier Besancenot, du NPA-L’Anticapitaliste, et le député LFI Éric Coquerel étaient notamment présents.
Une lettre de Gino y a été lue. L’antifa dénonce notamment un « choix politique » et une « persécution ».
Le député LFI Thomas Portes a lui aussi vivement réagi à la décision, accusant la France de se rendre « complice » des attaques contre les militants antifascistes et réclamant que Gino soit placé sous « protection citoyenne ».
À gauche, plusieurs médias ont également dénoncé la décision. L’Humanité titre ainsi : « La France n’est plus un refuge pour les antifascistes », tandis que Mediapart estime que la France « prête la main à la traque des antifascistes européens ».
La justice française a pourtant simplement validé l’exécution d’un mandat d’arrêt européen allemand visant un antifa accusé d’avoir participé à des attaques violentes contre plusieurs personnes en 2023.




