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Ritchy Thibault, la racaille d'extrême gauche
Jeudi 1er octobre, le militant d’extrême gauche Ritchy Thibault a été interpellé à Saint-Denis, en marge des mobilisations dites lycéennes, avant d’être placé en détention provisoire. L’ancien collaborateur parlementaire de la députée LFI Ersilia Soudais avait, durant sa prise de parole, appelé à « former des barricades », à « mettre le feu à l’Élysée » et à « faire la révolution ». Ses provocations répétées sont devenues sa marque de fabrique et le font vivre médiatiquement.
« Le 17 octobre, ça va être mille fois pire que les Gilets jaunes », avait également lancé le militant d’extrême gauche. Ritchy Thibault a ensuite été arrêté par la police. Il est poursuivi pour « provocation à la commission d’un crime ou d’un délit », « participation à un groupement en vue de commettre des violences ou dégradations » et « outrage ».
Présenté lundi 5 octobre devant le tribunal correctionnel de Bobigny, il a demandé le renvoi de son procès afin de préparer sa défense. Le tribunal a fixé une nouvelle audience au 9 décembre 2026 et a décidé de le maintenir en détention provisoire jusque-là. Cette nouvelle affaire intervient alors que Ritchy Thibault se trouvait déjà sous contrôle judiciaire.
Un ancien collaborateur parlementaire de LFI
Avant de devenir une figure révolutionnaire, Ritchy Thibault a travaillé au cœur de l’Assemblée nationale. Son engagement au sein de LFI a finalement pris fin en 2025, après de nombreuses polémiques. Il avait par ailleurs été interdit de pénétrer dans l’enceinte de l’Assemblée nationale à partir d'octobre 2024.
En avril 2025, alors qu’il travaillait encore pour la députée insoumise, Ritchy Thibault avait notamment appelé à constituer des « brigades d’autodéfense populaires », affirmant qu’il n’était plus possible de compter sur « les institutions, la police [et] la justice ».
Il avait auparavant appelé à « l’intifada dans les rues de Paris ». Des propos qui avaient conduit la préfecture de police à saisir la justice pour « incitation à la haine, à la violence et à la discrimination ».
Un provocateur chevronné
À seulement 23 ans, Ritchy Thibault accumule déjà de nombreuses procédures judiciaires. Le 24 février 2024, au Salon de l’agriculture, il avait directement interpellé Emmanuel Macron : « L’éborgneur ! N’oublie jamais que nous sommes dans le pays de la Révolution française, le pays qui fait tomber les têtes des monarques. » Ces propos lui ont valu des poursuites pour menaces envers le chef de l’État.
Les débordements judiciaires du militant ne datent d'ailleurs pas de septembre dernier. Dès le 8 juillet 2026, alors qu'il devait comparaître pour « atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation », son procès avait été renvoyé. L'audience avait déjà été particulièrement agitée : les forces de l'ordre avaient dû intervenir pour évacuer ses soutiens, dont le comportement perturbait les débats.
Quelques semaines plus tard, le 29 juillet, Ritchy Thibault était de nouveau convoqué devant la justice, notamment pour ses appels à « l'intifada » et à la constitution de « brigades d'autodéfense populaires ». Le procès avait une nouvelle fois été reporté, mais le militant avait tout de même trouvé l'occasion d'insulter les magistrats. Selon les informations rapportées à l'époque par L'Observatoire, il avait notamment déclaré que les magistrats pouvaient « aller manger ses morts ». En quittant la salle d'audience avec ses soutiens, il avait également entonné « On est là », avant de scander « Police partout, justice nulle part ».
Deux audiences, deux renvois et des incidents à répétition : plusieurs mois avant sa condamnation du 6 octobre, Ritchy Thibault avait déjà pris l'habitude de transformer ses passages devant les tribunaux en tribunes militantes excentriques.
Son procès pour menaces envers Emmanuel Macron s’est finalement tenu le 8 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris, dans une atmosphère particulièrement agitée. Dès le début de l'audience, Ritchy Thibault a multiplié les provocations. Refusant de se conformer à plusieurs demandes de la présidente, il a notamment qualifié le procureur d'« abject ». Lorsque la magistrate lui a demandé de s'asseoir, il lui a répondu : « Je fais ce que je veux. » Alors que le procureur intervenait, Ritchy Thibault l'a interrompu : « Vous, on vous a pas donné la parole. » Finalement expulsé pour trouble à l'ordre public, il a entonné le chant des Gilets jaunes, « On est là », tandis que l'audience était suspendue. Ses avocats ont quitté la salle en signe de protestation. Les débats se sont finalement poursuivis à huis clos, sans le prévenu ni ses défenseurs.
Le jugement a été rendu le mardi 6 octobre et Ritchy Thibault a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour menaces de mort envers Emmanuel Macron. Le tribunal a considéré que ses déclarations avaient dépassé les limites admissibles de la liberté d'expression. Il a annoncé faire appel de cette condamnation.
« Vous êtes tous une bande d'enflures que je méprise »
Le prononcé du jugement a donné lieu à de nouveaux débordements. Ritchy Thibault, qui comparaissait cette fois par visioconférence depuis sa cellule, a d'abord ironisé sur son absence physique : « Ce sera plus facile pour vous de m'expulser, car il vous suffira d'interrompre la visio. » Après l'annonce des quatre mois de prison avec sursis, il s'en est violemment pris aux magistrats, dénonçant une condamnation prononcée sans qu'il ait, selon lui, pu se défendre.
« Vous êtes une bande de pourritures au service des dominants », a-t-il notamment lancé aux juges, avant de répéter les propos pour lesquels il vient d'être condamné. Malgré les interruptions de la présidente, il a poursuivi ses invectives, cette fois contre le ministère public : « Et le procureur peut aller se faire voir aussi, puisque vous êtes tous une bande d'enflures que je méprise. »
La visioconférence a finalement été interrompue, mettant un terme à l'audience.
Une autre audience particulièrement agitée à Bobigny
La veille, lundi 5 octobre, son passage devant le tribunal correctionnel de Bobigny avait déjà provoqué de nombreux incidents. Alors qu'il devait être jugé en comparution immédiate, Ritchy Thibault a demandé un délai pour préparer sa défense, entraînant le renvoi de son procès au 9 décembre et son placement en détention provisoire.
Une trentaine de militants s'étaient rassemblés pour soutenir l'ancien collaborateur parlementaire de LFI. L'audience a rapidement dégénéré entre les provocations du prévenu et les protestations de ses soutiens.
Ritchy Thibault a notamment accusé les magistrats d'être « les larbins et les chiens de garde des dirigeants », provoquant une nouvelle suspension d'audience. « Je vous méprise et je vais vous faire face », a-t-il également déclaré à l'attention du tribunal.
Dans la salle, certains soutiens ont scandé « Justice de classe, justice de merde ! », tandis que d'autres invectivaient ouvertement la juridiction. La situation a nécessité l'intervention de policiers pour évacuer la salle, plusieurs personnes refusant de quitter les lieux.
D'autres procédures judiciaires en cours
Ritchy Thibault est devenu un habitué des provocations, des insultes et des appels à la révolution, même si ce n'est pas physiquement qu'il ferait trembler le gouvernement.
En 2025, le fiché S avait notamment soutenu le mot d'ordre « Le 10 septembre, on prend la préf' », appelant à envahir les préfectures dans le cadre du mouvement « Bloquons tout ».
Ces déclarations avaient provoqué un signalement au parquet de Paris par Laurent Nuñez, alors préfet de police, qui les jugeait susceptibles de constituer une provocation à commettre des violences et des dégradations. Ritchy Thibault lui avait répondu : « Du calme, l'agité, et barricade-toi bien dans ta préfecture ! »
Début septembre 2026, il avait encore été placé en garde à vue après la marche organisée à Margny-lès-Compiègne à la suite de la mort de Paul Tancre, dit « Lapin », membre de la communauté des gens du voyage, à laquelle appartient également Ritchy Thibault. La Police nationale avait notamment porté plainte pour outrage après des propos dans lesquels il comparait les CRS aux « SS ».
Par ailleurs, deux autres dossiers initialement examinés lors de l'audience du 8 septembre ont été renvoyés à des audiences prévues en 2027.
Un « prisonnier politique » ?
Ses soutiens dénoncent désormais un « acharnement judiciaire » et présentent Ritchy Thibault comme un prisonnier politique.
Plusieurs organisations d'extrême gauche se sont mobilisées pour réclamer sa libération, notamment lors de son audience du 5 octobre à Bobigny. Pour elles, les poursuites engagées contre le militant visent à réprimer son engagement révolutionnaire.
Ritchy Thibault se trouve néanmoins aujourd'hui confronté à plusieurs procédures distinctes. Une accumulation judiciaire qui n'empêche manifestement pas l'ancien collaborateur parlementaire de LFI de poursuivre ses provocations, y compris lorsqu'il se trouve directement face aux magistrats chargés de le juger. En somme, il se comporte comme une racaille et en fait sa signature. Ritchy Thibault se prétend révolutionnaire ? Il est désormais traité comme tel.

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