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Sandrine Rousseau appelle les écologistes à faire physiquement face aux chasseurs, un député saisit la justice

29/8/2026

Sandrine Rousseau veut voir les militants écologistes sur le terrain face aux chasseurs. Dimanche 23 août, lors de l’UniREVcité organisée à Saint-Antoine-du-Rocher, près de Tours, la députée écologiste de Paris a appelé ses soutiens à se mobiliser lors de la prochaine ouverture de la chasse, jusqu’à se placer « face à eux, physiquement ». Des propos qui ont conduit le député RN de la Somme Matthias Renault à saisir la justice.

Du 21 au 23 août, la Révolution écologique pour le vivant (REV), mouvement fondé par Aymeric Caron, organisait son UniREVcité 2026. Le programme officiel annonçait notamment une table ronde réunissant Sandrine Rousseau, Philippe Poutou (qui portait un t-shirt « éco-terroriste » pour l’occasion) et Aymeric Caron autour de « l’écologie de rupture ». La REV se présente elle-même comme un parti d’« écologie radicale, antispéciste et anticapitaliste ».

C’est à cette occasion que Sandrine Rousseau s’est exprimée sur la prochaine ouverture de la chasse. « Nous n’avons pas le temps d’être polis, d’attendre », commence la députée, avant d’expliquer qu’elle n’a désormais « plus rien à péter de leur bienséance » et qu’elle ne veut « plus être polie ».

L’élue appelle ensuite directement les militants écologistes à investir les lieux où se pratique la chasse : « Il va nous falloir nous affronter à cette ouverture de la chasse », déclare-t-elle, souhaitant qu’ils soient « nombreux et nombreuses à aller dans les forêts, dans les campagnes, dans les lisières, sur les chemins ».

L’objectif affiché est clair : « mobiliser ce peuple de l’écologie pour empêcher qu’on ait un permis de tuer ». Puis Sandrine Rousseau ajoute : « C’est parce que nous serons là, debout, face à eux, physiquement, qu’enfin ils prendront conscience de la réalité de ce que nous sommes. »

Sandrine Rousseau invite ses soutiens à se rendre sur les lieux de chasse pour « empêcher » celle-ci et se placer « physiquement » face aux chasseurs. Le fera-t-elle elle-même ?

Une rhétorique qui a fait réagir Matthias Renault, député Rassemblement national de la 3e circonscription de la Somme. Mardi 25 août, le parlementaire a annoncé avoir adressé un signalement à la procureure de la République de Tours en application de l’article 40 du Code de procédure pénale, car ces propos pourraient apparaître comme une incitation à la violence.

La Révolution écologique pour le vivant a depuis défendu Sandrine Rousseau. Sur les réseaux sociaux, le mouvement affirme qu’il n’y a eu « aucun appel à la violence » et assure que « la violence » serait au contraire « du côté des chasseurs ». Mais loin de prendre ses distances avec l’appel à aller sur le terrain, la REV revendique pleinement cette stratégie.

Le parti cite notamment les militants de l’AVA et appelle à une mobilisation massive : « Nous devons aujourd’hui être des milliers à nous mobiliser sur le terrain contre la barbarie de la chasse », écrit-il. La REV assume donc l’appel à se rendre physiquement au contact des chasseurs.

La Fédération nationale des chasseurs a, elle aussi, vivement réagi aux déclarations de la députée. Dans un communiqué publié mercredi, elle dénonce le choix des termes « affronter », « empêcher », « face à eux » et « physiquement », estimant qu’appeler des militants à aller faire obstacle à des personnes pratiquant une activité légale constitue une attitude irresponsable.

Au-delà d’affrontements physiques, les militants d’extrême gauche s’en prennent aux infrastructures appartenant aux chasseurs, à commencer par les miradors. Des dizaines sont détruits chaque année, parfois lors d’actions revendiquées. Par exemple, 22 miradors ont été détruits en janvier 2025 par un groupuscule anarchiste.

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