
Une centaine de militants d’extrême gauche envahit une usine Lafarge : trois ans plus tard, seuls quatre sont condamnés à du sursis en appel
Le 10 décembre 2023, une centaine de personnes cagoulées et vêtues de combinaisons blanches ont pénétré dans la cimenterie Lafarge de Val-de-Reuil (Eure) afin de dénoncer la « bétonisation ».
Les militants d’extrême gauche ont séquestré le gardien en l’empêchant de quitter son local, puis ont procédé à d’importantes dégradations : injection de mousse expansive dans plusieurs appareils, coulage de béton dans une arrivée d’eau, détérioration de compteurs, éventrage d’un contenant de plusieurs centaines de milliers de billes de polystyrène, éventrage de sacs de ciment, bris de vitres et de matériel informatique. Le symbole des Soulèvements de la Terre a été relevé à plusieurs endroits. Le préjudice a été estimé à plus de 450 000 euros.
Dix-sept personnes avaient été interpellées en avril 2024. Neuf militants, essentiellement des professeurs et des retraités, ont été jugés en première instance les 19 et 20 décembre 2024 pour association de malfaiteurs et séquestration. Cinq ont été relaxés. Les quatre autres, dont Christine Coulon, responsable du NPA dans l’Orne, ont été condamnés à des peines de six à dix mois de prison avec sursis. Ils ont tous été relaxés des faits de séquestration.
Le 24 août, la cour d’appel de Rouen a confirmé ces peines de six à dix mois de prison avec sursis. Pour trois des quatre prévenus, les faits de dégradation ont été requalifiés en complicité de dégradation, sans modification des peines. Tous ont été reconnus coupables d’association de malfaiteurs, un délit pour lequel ils encouraient dix ans de prison et 100 000 euros d’amende. Ils ont finalement été condamnés solidairement à verser 5 000 euros à Lafarge au titre des intérêts civils. La défense, déçue du verdict, a annoncé un pourvoi en cassation. « Je pense que mon client va être quand même bien anéanti par rapport à la décision qui a été rendue. Nous avions de grandes espérances par rapport à la relaxe », a déclaré maître Antoine Lefèvre.
Il est donc possible d’organiser des dégradations à grande échelle sans qu’aucun individu ni organisation politique n’en assume les conséquences : la dissolution des Soulèvements de la Terre ayant été annulée par le Conseil d’Etat en novembre 2023, ce groupuscule existe toujours aujourd’hui.



.jpg)
