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Révolte lycéenne, ou de jeunes immigrés instrumentalisés par l'extrême gauche ?

3/10/2026

Incendies d’établissements, tirs de mortiers, agressions de policiers, proviseurs molestés, véhicules brûlés, centaines d’interpellations : en quelques jours, la mobilisation dite « lycéenne » a changé de dimension. De quelques poubelles utilisées pour obstruer l’entrée des lycées, les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux rappellent désormais beaucoup plus les émeutes pour Nahel.

Parti de revendications concernant notamment les professeurs absents, les classes surchargées ou l’état de certains établissements, le mouvement a rapidement essaimé à travers le pays, porté par les réseaux sociaux et encouragé politiquement par l’extrême gauche.

Le jeudi 1er octobre, le ministère de l’Intérieur recensait des actions dans 1 027 établissements, dont 222 avaient été bloqués. 1 949 personnes ont été interpellées en une seule journée et 305 policiers et gendarmes ont été blessés. La veille, 625 personnes avaient déjà été interpellées et 83 membres des forces de l’ordre blessés.

Jeudi soir, 170 élèves et 65 membres du personnel avaient été blessés depuis le début du mouvement. Vendredi matin, le ministre Édouard Geffray précisait que 40 chefs d’établissement figuraient parmi les 65 personnels blessés. Plus de 400 établissements ont dû fermer leurs portes vendredi, tandis qu’à la mi-journée, 564 avaient fait ou faisaient encore l’objet d’actions ou de perturbations.

Le ministre lui-même estime désormais que le mouvement « a changé de nature » et qu’il a été « pris en otage par des groupuscules ultraviolents ».

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Un mouvement amplifié par les réseaux sociaux

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Contrairement aux grandes mobilisations lycéennes structurées autour d’une réforme clairement identifiée, celle-ci ne repose pas sur une revendication nationale unique.

Certaines revendications existent réellement, mais elles cohabitent avec un facteur bien plus déterminant dans la mobilisation : celui de jeunes attirés par le blocage lui-même, les affrontements, l’effet de groupe et les images diffusées sur TikTok. De quoi avait besoin, par exemple, le lycée Nelson-Mandela à Nantes, un établissement inauguré en 2014 dont la construction et l’aménagement des abords avaient coûté 77,5 millions d’euros ?

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À Toulouse, devant le lycée Bellevue, La Dépêche a ainsi recueilli le témoignage de lycéens évoquant explicitement un « effet de mode ». L’un d’eux affirme que certains auteurs des violences étaient des « déscolarisés ». Le quotidien décrit parallèlement un adolescent poursuivi puis roué de coups, des jeunes filmant la scène, un scooter jeté dans un brasier et des projectiles lancés contre la police.

Les services de l’État font eux aussi état d’éléments extérieurs aux établissements. RTL décrit des individus « cagoulés, tout en noir », certains provenant d’autres lycées ou extérieurs au mouvement, venus profiter des blocages pour commettre des violences et des dégradations. Ce que les médias ne disent pas et qui est pourtant frappant, c’est que ces jeunes sont majoritairement issus de l’immigration et proviennent de ce qui est communément appelé la banlieue.

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La mobilisation, qui repose globalement sur peu d’éléments tangibles, portait donc en elle-même le potentiel pour devenir incontrôlable, d’autant plus que l'extrême gauche n’a cessé de jeter de l’huile sur le feu.

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Les autorités désignent LFI et ses « proxys de l’ultragauche »

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L’accusation de récupération politique n’émane plus seulement des adversaires de La France insoumise. Jeudi, lors de la cellule interministérielle de crise convoquée par Sébastien Lecornu, les services de renseignement ont attribué « l’origine du mouvement » à « LFI et ses proxys de l’ultragauche ». La même réunion a constaté un basculement vers des « violences urbaines ».

LFI conteste formellement cette analyse. Louis Boyard a notamment rejeté l’idée que son parti aurait organisé ou provoqué techniquement le mouvement. LFI n’a évidemment pas organisé chaque blocage ni dirigé chaque groupe présent devant les établissements. Mais elle a encouragé le mouvement, appelé à sa poursuite et cherché à l’étendre et à le politiser.

Pendant que le mouvement gagnait en intensité, La France insoumise a choisi dès les premiers jours de s’y investir politiquement. Le 28 septembre, alors que des tirs de mortiers, incendies et affrontements avaient déjà eu lieu devant plusieurs lycées, Jean-Luc Mélenchon écrivait que « les lycéens en mouvement sont inoffensifs ». Il accusait parallèlement le gouvernement d’avoir ordonné une répression avec un « arrière-goût raciste évident » (il avoue ainsi l'origine ethnique des dits lycéens) et lançait une consigne explicite : « Élus et militants insoumis, interposez-vous partout où vous le pouvez. » Des députés et élus LFI se sont dès lors présentés devant les établissements.

À Rennes, la députée Marie Mesmeur s’est ainsi rendue au lycée Bréquigny pour soutenir les élèves participant à ce qu’elle présentait comme leur « premier blocus ». Elle a vite déchanté quand les « jeunes » ont commencé à s'en prendre aux voitures.

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À Sainte-Geneviève-des-Bois, Antoine Léaument est lui aussi allé au contact des mobilisés. Une séquence devenue virale montre le député LFI au milieu de jeunes alors qu’un feu est allumé au pied d’un lampadaire. Il apparaît débordé par le chaos qu'il a contribué à créer.

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À quelques mois de l’élection présidentielle, LFI ne peut pas se permettre de flatter uniquement son extrême gauche, c’est pourquoi Mélenchon a rétropédalé et appelé au calme en déclarant le 1er octobre « Cela ne sert à rien de mettre le feu », alors que quelques jours auparavant, Bally Bagayoko déclarait que « la violence peut être légitime ».

À Saint-Priest, près de Lyon, Émilie Rekik-Kara, ancienne membre de LFI exclue du mouvement en 2024 mais qui continue de se revendiquer insoumise, a elle-même raconté dans un live TikTok avoir conseillé à des jeunes impliqués dans des incidents de dissimuler leur visage. « Quand tu sais que tu vas faire un truc comme ça, mets pas ta tête… Mets une cagoule, une capuche ! », raconte-t-elle leur avoir dit.

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Un sondage Odoxa réalisé pour Le Figaro et Backbone, publié le 1er octobre, fournit un éclairage intéressant sur l’opinion publique. 61 % estiment que LFI n’est pas dans son rôle en intervenant dans la mobilisation, 74 % considèrent que le parti met les lycéens en danger et 78 % voient dans son implication une démarche électoraliste. Cette séquence apparaît donc comme une faute politique pour LFI.

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Une convergence recherchée avec l’extrême gauche étudiante

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L’objectif de convergence est par ailleurs assumé par plusieurs organisations. Le mouvement a progressivement gagné les universités et une quarantaine de sites universitaires étaient concernés vendredi, à l’instar de Rennes 2. Naturellement, des militants de syndicats étudiants d’extrême gauche ont relayé les appels aux blocages et à leur extension.

Parmi les slogans politiques les plus visibles dans les blocages et les cortèges figurent ceux de l’extrême gauche et de l’antifascisme : « Siamo tutti antifascisti », « ACAB », « La jeunesse emmerde le Front national ». Ces mots d’ordre proviennent évidemment de militants d’extrême gauche, tandis que les jeunes des banlieues préfèrent casser et piller. Les deux franges se retrouvent cependant ensemble dès lors qu’il faut affronter la police.

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À Belfort, un policier roué de coups au sol

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Vendredi matin, à Belfort, un nouveau seuil a été franchi. Un policier en civil venait d’interpeller un jeune homme près du lycée Courbet lorsqu’un groupe s’est jeté sur lui. Le commandant de police a été attaqué par plusieurs individus, projeté au sol puis frappé à plusieurs reprises, notamment à coups de pied à la tête. Il a été hospitalisé et une enquête pour tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique a été ouverte. Un suspect a déjà été interpellé.

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Les images montrent moins une manifestation lycéenne traditionnelle qu’une scène d’émeute perpétrée par des délinquants déjà aguerris. 

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Incendies, essence et pompiers attaqués

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À Marseille, des individus ont attaqué des marins-pompiers intervenus sur un feu devant le lycée Saint-Exupéry. Leur véhicule a été pillé puis incendié et un pompier a été légèrement blessé.

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À Calais, une adolescente de 15 ans a été brûlée au visage vendredi matin au cours des tensions devant le lycée Coubertin. À Grenoble et dans son agglomération, incendies, tirs de mortiers et caillassages de bus ont également débordé les simples blocages scolaires. La contestation n’est d’ailleurs plus cantonnée aux grandes métropoles. Des incidents touchent désormais des villes moyennes, ce qui rend impossible de rapporter tous les méfaits, toutes les violences et toutes les dégradations. Cependant, le schéma de ces émeutes dites lycéennes se répète souvent : un lycée est bloqué, des éléments extérieurs, souvent issus des banlieues, sèment le chaos en compagnie des lycéens, puis la police intervient pour disperser les manifestants, qui se déplacent vers un autre lycée. Des millions d'euros de dégâts sont déjà déplorés, mais l'extrême gauche continue d'appeler à la mobilisation. En réalité, elle veut aller plus loin dans le chaos :

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Quand les élus veulent jouer les médiateurs

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Une autre image de la mobilisation est celle d’élus de gauche cherchant à s’interposer entre les forces de l’ordre et les jeunes. Les héros ne parviennent pas toujours à leurs fins.

À Orléans, Jonathan Bruneau, conseiller municipal communiste, affirme avoir été insulté puis frappé par un policier alors qu’il tentait, avec des enseignants, de s’interposer lors d’une intervention devant le lycée Voltaire. Selon son récit, l’agent lui aurait lancé : « Tu as beau être élu, tu es une merde comme les autres », avant de le saisir, puis de le frapper à la matraque lors d’une intervention ultérieure. Jonathan Bruneau a annoncé vouloir porter plainte.

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Le député européen LFI Anthony Smith n'est pas non plus parvenu à imposer son autorité :

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Un mouvement désormais beaucoup plus large que ceux qui prétendaient l’encadrer

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En quelques jours, la mobilisation est ainsi passée de blocages localisés en région parisienne à une crise nationale affectant plus d’un millier d’établissements.

Elle mêle désormais plusieurs réalités qui ne doivent pas être confondues : des revendications scolaires peu claires, formulées par des lycéens qui demandent plus de moyens mais également moins de travail et qui veulent, au-delà, se complaire dans l’oisiveté plutôt que se fortifier dans l’effort ; des militants d’extrême gauche qui cherchent à étendre le mouvement ; des élus venus soutenir ou protéger les participants ; des jeunes immigrés attirés par l’affrontement, la casse, les incendies et la possibilité de diffuser leurs exploits sur les réseaux sociaux.

Ceux qui ont voulu transformer une succession de colères locales en mouvement national se retrouvent désormais confrontés à des violences qu’ils ne peuvent plus contrôler. Il ne reste plus qu’à remercier l’extrême gauche pour cette nouvelle chienlit.

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