
Photo-reportage : petite balade au coeur de Rennes 2 la rouge, une nouvelle fois souillée par les antifas
L’université Rennes 2 est une nouvelle fois bloquée. Réunis en assemblée générale le lundi 5 octobre par des militants d’extrême gauche, plusieurs centaines d’étudiants ont voté l’occupation du campus de Villejean ainsi que la mise en place de « blocages économiques » dès mardi, dans le prolongement de la mobilisation lycéenne qui agite Rennes depuis plusieurs jours.
Face à cette nouvelle occupation, la présidence de Rennes 2 a annoncé la suspension immédiate des activités sur le campus de Villejean. Étudiants et personnels ont été invités à quitter les lieux et les bibliothèques universitaires ont fermé leurs portes.
Le blocage n’a plus rien d’inhabituel à Rennes 2. La faculté, surnommée depuis plusieurs décennies « Rennes 2 la rouge », est régulièrement paralysée lors des mouvements sociaux. Les militants d’extrême gauche en ont fait un bastion, mais loin de le choyer, ils la défigurent avec des tags omniprésents, quand ils ne saccagent pas directement les locaux.
L’Observatoire s’est rendu sur place et a également pu consulter des photographies prises à l’intérieur des bâtiments. Des façades aux amphithéâtres, les slogans, les appels au meurtre et les dégradations sont omniprésents.
Parmi les inscriptions photographiées, certaines ne se contentent pas des habituels slogans anticapitalistes. Plusieurs constituent de véritables appels au meurtre. Sur l’un des murs, on peut ainsi lire : « J’♥ 1 flic mort ».
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Sur un autre bâtiment, un message beaucoup plus explicite encore vise directement Emmanuel Macron : « Prépare le sniper », « shoot le président » et « faut tuer le président ! ».
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Ces inscriptions étaient toujours visibles en marge de l’assemblée générale organisée ce lundi.
« Armons les lycéens »
D’autres tags permettent de faire directement le lien avec la mobilisation dite lycéenne actuellement en cours. « Armons les lycéens », proclame ainsi une inscription rouge sur un bâtiment du campus.
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Quelques mètres plus loin, le message devient encore plus explicite : « Lycéens x étudiants = guérilla totale ».
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Ces slogans prennent un relief particulier alors que Rennes 2 vient précisément de voter son occupation en soutien au mouvement lycéen. Par ailleurs, le site militant rennais Expansive, proche des milieux autonomes, appelle depuis plusieurs jours à renforcer cette mobilisation. Dans un texte intitulé « Rennes se soulève ! », il encourage les blocages, assemblées générales, occupations et « manifs sauvages ».
« Vive la Commune »
L’épisode prête à sourire, mais le slogan appartient à une véritable tradition militante de Rennes 2. Il figurait déjà en immenses lettres rouges sur le même campus lors des mobilisations de 2016 et a de nouveau été inscrit lors du mouvement contre la réforme des retraites de 2023. Le Monde rappelait dès 2016 que le slogan avait déjà accompagné plusieurs occupations de cette université par l’extrême gauche.
Le reste du campus est également parsemé de références politiques plus explicites.
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Un autre mur porte l’inscription « RSA 5000 € » : c’est l’éternel dilemme de l’extrême gauche, tiraillée entre sa détestation de l’État du fait de son côté anarchiste et sa volonté de dépendre absolument de celui-ci afin de vivre son rêve d’oisiveté et de confort bourgeois, dans une optique communiste. Ce tag a au moins le mérite d’avouer que la mobilisation n’a rien à voir avec de prétendues conditions d’études difficiles – des conditions par ailleurs empirées par les dégradations de l’extrême gauche elle-même.
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Ailleurs figure le slogan « C la dernière attaque 2 l’Empire, abattons-le !! », avec une référence aux conseils ouvriers, c’est-à-dire à l’ultragauche historique.
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L’antifascisme n’est jamais loin à Rennes 2. Quelques pas suffisent pour trouver un tag qui s’en prend à Jordan Bardella.
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Les locaux eux-mêmes recouverts de tags
Les façades de Rennes 2 ne sont pas les seules à être défigurées par les antifas. L’Observatoire a également obtenu plusieurs photographies prises à l’intérieur de l’université, montrant l’état de certains locaux après les occupations.
Sur cette première photographie, un hall largement dégradé. Les baies vitrées sont couvertes d’un géant tag « La rouge ». L’ensemble donne à voir un espace universitaire transformé en squat malfamé.
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À l’extérieur d’un bâtiment, un mur a été dédié à la haine de la police : en grandes lettres rouges, il est écrit « RENNES 2 LA ROUGE BAISE LES SCHMITTS », ainsi que ACAB et 1312. Il reste à voir qui gagnera la bataille lorsque les forces de l’ordre interviendront pour évacuer la faculté souillée.
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Même les amphithéâtres ne sont pas épargnés. Ici, plusieurs murs ont été recouverts de grandes inscriptions bâclées, telles que « Soyons libres » ou « Vive la jeunesse ». Un équipement destiné aux cours, qui était visiblement en parfait état, se retrouve ainsi dégradé par l’extrême gauche.
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Une quatrième photographie relate le mur des possibles, qui est presque entièrement couvert de slogans tracés à la peinture rouge. S’il n’est pas possible de comprendre toutes les inscriptions, il y a en tout cas une référence à Quentin Deranque avec « Kant1 dans la Vilaine ». Ce n’est pas la première fois que les antifas se moquent du meurtre de Quentin Deranque à Rennes.
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Ces images permettent de mieux saisir le coût considérable des occupations de Rennes 2. Derrière les centaines de milliers d’euros de dégâts se trouvent des murs à repeindre, des vitrages à nettoyer ou remplacer, du mobilier à remettre en état et des salles entières qu’il faut restaurer avant qu’elles puissent retrouver leur usage normal. Parfois, il y a même du matériel volé à changer.
Des blocages presque rituels, et des factures considérables
La nouvelle occupation de Rennes 2 s’inscrit dans une histoire déjà longue. Parcoursup, réforme des retraites, austérité universitaire, Palestine ou autres mouvements sociaux nationaux : presque chaque grande séquence contestataire offre désormais son blocage du campus de Villejean.
Les exemples sont nombreux et s’étalent sur des décennies. Rien qu’à la fin du mois de janvier 2025, trois jours d’occupation avaient laissé derrière eux des centaines de tags, du mobilier cassé ou abandonné sous la pluie, des portes coupe-feu endommagées, une intrusion dans la bibliothèque universitaire et du matériel technique volé. La présidence avait évalué les dégâts à environ 300 000 euros. Quelques semaines plus tard, une nouvelle occupation avait provoqué au moins 100 000 euros de dégâts supplémentaires. En l’espace de quelques semaines, la facture dépassait donc les 400 000 euros, alors même que les mobilisations étaient officiellement organisées contre les difficultés budgétaires de l’université.
L’Observatoire avait alors documenté le saccage et la fermeture de Rennes 2.
Au-delà de Rennes 2, les Beaux-Arts saccagés
Rennes 2 n’est d’ailleurs pas le seul établissement d’enseignement supérieur rennais à avoir été touché par des dégradations ces derniers jours. Dans la nuit du 1er au 2 octobre, l’école des Beaux-Arts a été occupée par près de 200 militants d’extrême gauche, qui ont tout bonnement saccagé les locaux.
La directrice évoque « des dégâts considérables. Tout le bâtiment est tagué, les panneaux électriques ont été détruits, les extincteurs vidés, l’auditorium a été entièrement détérioré, des vidéos projecteurs cassés… Nous sommes sidérés. » Au-delà, un agent de sécurité a été blessé, dans l’indifférence générale.
Plusieurs murs de l’établissement ont été recouverts de tags (« Vos murs, ils sont trop blancs »), des statues et des vitres ont été brisées au cours de la nuit. Le bâtiment est désormais inutilisable, mais l’école a tenu à rappeler son attachement à la liberté d’expression.

La faculté de Rennes 1, globalement beaucoup moins militante que Rennes 2, a également été touchée par des blocages mardi matin. La contestation lycéenne avait déjà gagné le secteur universitaire quelques jours plus tôt : le 1er octobre, des affrontements avaient notamment éclaté aux abords de la faculté de droit entre les forces de l’ordre et des individus dont certains étaient encagoulés.
Bréquigny, épicentre des violences lycéennes
La mobilisation universitaire intervient dans le prolongement direct d’une semaine particulièrement agitée dans les lycées rennais. Le lycée Bréquigny constitue sans doute le cœur névralgique de la lutte.
Dès le 29 septembre, des barricades et des feux avaient été dressés devant l’établissement. La situation a surtout dégénéré le jeudi 1er octobre, lorsque plusieurs dizaines d’individus ont allumé des feux et érigé des barricades, tandis que des projectiles étaient lancés en direction des forces de l’ordre. Repoussés progressivement loin du lycée, certains groupes se sont ensuite dispersés dans les rues et les résidences voisines, où plusieurs entrées d’immeubles ont à leur tour été dégradées.
Le véhicule du directeur zonal de la police nationale (DZPN) dans l’Ouest a même été caillassé.
Plus encore, des individus extérieurs au lycée se sont introduits dans l’établissement. La préfecture évoque explicitement des « casseurs », composés principalement d’antifas et d’immigrés, ayant pénétré dans les lycées Bréquigny et Charles-Tillon et commis de nombreuses dégradations sur les bâtiments, le matériel pédagogique ainsi que sur les véhicules des enseignants et du personnel technique. Des véhicules appartenant à des particuliers ont également été dégradés et des vols ont été commis. Au total, pour la seule journée du 1er octobre à Rennes, les pompiers sont intervenus sur 35 incendies, dont deux feux de véhicules. La députée LFI Marie Mesmeur s’était d’ailleurs pavanée dans les blocus à plusieurs reprises.
Face à l’ampleur des incidents, la préfecture a ensuite décidé la fermeture de nombreux lycées rennais. Elle justifiait cette mesure notamment par les « tentatives d’intrusion par des éléments extérieurs » et les risques provoqués par les incendies, barricades et dégradations.
9 500 manifestants mardi et de nouvelles tensions
Mardi 6 octobre, la mobilisation a changé d’échelle. Selon Ouest-France, environ 9 500 personnes ont manifesté à Rennes dans un cortège réunissant notamment lycéens, étudiants, enseignants et organisations syndicales.
Le cortège principal s’est ensuite déroulé sans incident majeur pendant une large partie du parcours avant que la situation ne se tende brutalement en fin de manifestation. Place Charles-de-Gaulle, les forces de l’ordre ont fait face à des individus vêtus de noir. Des feux ont également été allumés sur la place Sainte-Anne.
À l’échelle judiciaire, le parquet de Rennes avait déjà fait état, avant cette nouvelle journée de mobilisation, de 29 gardes à vue, dont seize pour violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique, quatre pour d’autres violences et six pour des dégradations. Onze personnes avaient été déférées et dix mineurs placés sous contrôle judiciaire dans l’attente de leur jugement.
Mais à Rennes, l’extrême gauche ne dissimule pas sa volonté de radicaliser la mobilisation et d’effectuer la jonction entre lycéens et étudiants. À Rennes 2, cette ambition est désormais inscrite jusque sur les murs : « Armons les lycéens » et « Lycéens x étudiants = guérilla totale ».
Jusqu’où ira l’extrême gauche dans la destruction pour réclamer plus de moyens et moins de contraintes ?
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