
Montpellier : après trois semaines de blocage, l'extrême gauche occupe l'université Paul-Valéry avant d'être expulsée par les CRS
Depuis le 1er octobre, l'université Paul-Valéry de Montpellier (Hérault) est le théâtre de blocages organisés par des militants du Syndicat de combat universitaire de Montpellier (SCUM) ou encore du Poing Levé. Mardi 20 octobre, la mobilisation a franchi une nouvelle étape avec l'occupation permanente d'un bâtiment universitaire. Malgré l'opposition de la présidence, les occupants ont refusé de quitter les lieux, conduisant à leur évacuation par les CRS jeudi soir. Des tensions ont ensuite éclaté avec les forces de l'ordre.
Tout a commencé le jeudi 1er octobre. À l'appel du SCUM, des militants étudiants bloquent intégralement le campus principal de l'université Paul-Valéry. Des poubelles et du mobilier sont disposés devant les accès, empêchant les étudiants et les personnels de rejoindre normalement leurs salles de cours.
Le mouvement s'inscrit dans le prolongement des mobilisations dites lycéennes qui agitent la France depuis plusieurs semaines, mais les bloqueurs ne prennent aucune pincette et portent des revendications uniquement d’extrême gauche : ils réclament notamment l'inscription des étudiants refusés en licence ou en master, la fin de la sélection universitaire et le remboursement des frais d'inscription différenciés imposés aux étudiants étrangers. Un blocage aux revendications pro-immigration qui affecte les L1 qui n’ont eu que quatre semaines de cours et qui oblige les étudiants qui préparent l’agrégation à changer de site.
Le blocage de Paul-Valéry s’est prolongé pendant plusieurs semaines, malgré l'opposition d'une partie des étudiants. Le 10 octobre, la présidente de l'université, Anne Fraïsse, indiquait que la grande majorité des étudiants souhaitait reprendre les cours, y compris parmi ceux qui partageaient certaines revendications du mouvement.
Le 13 octobre, les forces de l'ordre sont intervenues une première fois pour évacuer des occupants du campus. Les blocages ont néanmoins repris dans les jours suivants.
« Les lignes rouges sont faites pour être franchies »
Mardi 20 octobre, après près de trois semaines de blocage, une assemblée générale vote l'occupation permanente du bâtiment C de l'université Paul-Valéry. Il ne s'agit donc plus seulement d'empêcher l'accès aux cours durant la journée, mais de s'installer dans les locaux, y compris pendant la nuit.
La présidente Anne Fraïsse tente alors de négocier avec les occupants. En position de faiblesse, elle propose notamment de maintenir le bâtiment accessible aux bloqueurs en journée, à condition qu'aucun militant n'y passe la nuit. La proposition est rejetée.
« Je les ai avertis que la ligne rouge était franchie », a-t-elle ensuite expliqué.
Les occupants décident malgré tout de poursuivre leur mobilisation.
Jeudi 22 octobre, vers 19h, les CRS interviennent finalement pour évacuer le bâtiment. Les étudiants présents sont contraints de quitter les locaux.
Des tensions avec les forces de l'ordre après l'expulsion
L'évacuation ne met cependant pas immédiatement fin aux tensions. Après leur sortie du bâtiment, les occupants rejoignent la place Marc-Bloch, où se trouvent également des étudiants d’extrême gauche mobilisés de la faculté des sciences, autre établissement montpelliérain touché par une occupation.
La situation se tend avec les forces de l'ordre, qui font usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Cette nouvelle intervention intervient dans un contexte déjà marqué par plusieurs affrontements entre manifestants et policiers à Montpellier. Le 13 octobre, lors d'une manifestation dans le centre-ville, des projectiles, notamment des bouteilles en verre et des pétards, avaient été lancés contre les CRS, qui avaient répliqué par des charges et des tirs de gaz lacrymogènes.
Le 17 octobre, les violences avaient pris une ampleur bien plus importante dans le centre de Montpellier. Selon la préfecture de l'Hérault, 36 policiers avaient été blessés et 63 personnes interpellées. Plus d'une dizaine de commerces avaient été saccagés ou pillés, tandis que plusieurs incendies de mobilier urbain avaient nécessité l'intervention des pompiers.
L’occupation n’a néanmoins provoqué pas ou peu de dégâts. En 2018, l’extrême gauche avait provoqué 300 000 euros de dégâts dans la même faculté.
À la suite de l'évacuation, l'université Paul-Valéry a annoncé le maintien de sa fermeture administrative jusqu'au lundi 26 octobre inclus. Après près de trois semaines de blocages, deux nuits d'occupation permanente et plusieurs interventions policières, les étudiants et personnels de Paul-Valéry restent donc privés d'un fonctionnement normal de leur établissement.

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