
Extrême gauche contre extrême gauche : un militant de la FSE accuse un militant du Poing Levé de l’avoir agressé avec des ciseaux
À l’université Paris 8, à Saint-Denis, les rivalités entre organisations étudiantes d’extrême gauche ont franchi un nouveau cap. Vendredi 25 septembre, la Fédération syndicale étudiante (FSE) a accusé un militant du Poing Levé, la branche jeune de Révolution Permanente, d’avoir agressé l’un des siens, notamment à l’aide de ciseaux.
Les deux organisations appartiennent à l’extrême gauche et partagent de nombreuses revendications, malgré des divergences stratégiques et des rivalités d’appareil.
Une agression avec des ciseaux selon la FSE
Dans une vidéo publiée le 25 septembre, plusieurs militants de la FSE Paris 8 prennent la parole. L’un d’entre eux affirme qu’alors qu’ils s’apprêtaient à se rendre à un rassemblement de soutien à des lycéens, un militant du Poing Levé serait rentré dans leur local et aurait proféré des menaces. Selon son récit, les militants de la FSE lui auraient demandé de quitter les lieux. L’homme aurait alors sorti des ciseaux de sa poche et les aurait dirigés vers son visage en menaçant de s’en servir. Après avoir été repoussé, il l’aurait agrippé par le tee-shirt et lui aurait porté plusieurs coups de poing.
Au lieu d’aider la victime, ses camarades ont déserté le local pour aller chercher de l’aide auprès de la sécurité et du personnel de l’université.
Le Poing Levé accuse la FSE d’avoir commencé
Le Poing Levé a rapidement publié sa propre version et dénonce des accusations « mensongères ». L’organisation affirme que le conflit aurait commencé la veille. Cinq militants de la FSE, « dont quatre hommes », seraient venus entourer et menacer une militante du Poing Levé sur le campus. Le différend trouverait son origine, selon le collectif trotskiste, dans ses critiques contre les pratiques de la FSE à l’égard des étudiants étrangers et des « sans-facs », jugées clientélistes.
Le lendemain du coup de pression de la FSE, un proche de la militante intimidée serait venu demander des explications à la FSE. Un militant se serait alors jeté sur lui, provoquant une bagarre. Le Poing Levé accuse désormais la FSE de chercher à « se victimiser » pour masquer son « intimidation sexiste ».
Extrême gauche contre extrême gauche
Cet épisode illustre les guerres intestines qui traversent depuis plusieurs années les organisations étudiantes d’extrême gauche : FSE, Poing Levé, Solidaires… Ces groupuscules peuvent se retrouver dans les mêmes mobilisations, mais leurs relations sont loin d’être pacifiées car ils ont les mêmes objectifs et s’affrontent dans une compétition féroce.
Viols : un ancien conflit entre le Poing Levé et Solidaires à Paris 8
Sur les réseaux sociaux, la querelle actuelle a ainsi fait ressurgir une précédente affaire particulièrement lourde à Paris 8. Des militants ont rappelé que Solidaires a publiquement mis en cause, en 2024, un cadre du Poing Levé Paris 8 dans une affaire de violences sexuelles. Léo V. était accusé de deux viols sur une ancienne militante de Révolution Permanente tandis que Solidaires reprochait parallèlement à la commission chargée de traiter le dossier d’avoir douté du témoignage de la plaignante et refusé de suspendre le militant.
Le conflit entre les différentes chapelles ne se limite d’ailleurs pas aux affaires locales, Révolution Permanente ayant récemment publié un article pour attaquer Solidaires.




