
Dijon : deux militants LFI jugés en appel après avoir bloqué le tramway en s’enchaînant aux voies
Près d’un an après avoir bloqué le tramway de Dijon en s’enchaînant à des barrières, deux militants de La France insoumise ont comparu en appel devant la justice le 3 septembre. Relaxés en première instance malgré les réquisitions de prison avec sursis du procureur, ils sont désormais rejugés en appel à la demande du parquet. La France insoumise dénonce un « acharnement judiciaire » et apporte publiquement son soutien aux deux prévenus.
L’affaire remonte au 10 septembre 2025, jour de la mobilisation nationale « Bloquons tout / Indignons-nous ».
Enchaînés au tramway dès 7h15
Vers 7h15, Éloïse Dubuet, 37 ans, militante de La France insoumise à Dijon, ainsi que son compagnon Pierre, s’installent à hauteur de l’arrêt de tramway Foch Gare, près de la gare de Dijon. Tous deux s’attachent par la taille et le cou à une rambarde située entre les deux voies du tramway, à l’aide de cadenas. Assis au sol, les jambes étendues sur les rails, ils empêchent la circulation des rames.
L’objectif politique est alors parfaitement assumé. Une responsable locale de LFI expliquait le jour même que l’action visait à « tout bloquer » pour protester contre la politique d’Emmanuel Macron. Ce blocage entraîne l'interruption des lignes T1 et T2 pendant près d’une heure, tandis que des usagers, peu ravis de perdre leur temps à cause de deux militants LFI, s’en prennent verbalement à eux.
Les pompiers finissent par intervenir pour découper les cadenas, mais sont finalement contraints de scier la rambarde. Au cours de l’opération, leur matériel de découpe est endommagé. Ils parviennent à évacuer les deux militants vers 8 h 45.
Ils sont finalement poursuivis pour dégradation de biens publics et entrave à la circulation.
Plus de 5 000 euros de préjudice réclamés
Dans un premier temps, le parquet leur propose une composition pénale : une amende de 300 euros, un stage de citoyenneté et la réparation du préjudice.
DiviaMobilités, dont le réseau est exploité par Keolis, réclame alors environ 5 400 euros, correspondant notamment au remplacement de la barrière endommagée et aux pertes provoquées par l’interruption du tramway. Les deux militants refusent la composition pénale et choisissent d’être jugés.
Lors de leur procès devant le tribunal correctionnel de Dijon, le 20 octobre 2025, le ministère public requiert alors trois mois de prison avec sursis et 500 euros d’amende.
La défense conteste toutefois la qualification juridique des faits. Elle soutient notamment que les textes réprimant l’entrave à la circulation sur une voie publique ne peuvent pas être appliqués de cette manière au blocage d’un tramway et que les prévenus n’ont eux-mêmes rien dégradé, la rambarde ayant été découpée lors de l’intervention destinée à les libérer.
Le tribunal donne raison à la défense et prononce finalement leur relaxe. Le parquet décide de faire appel du jugement.
LFI dénonce un « acharnement judiciaire »
Le jeudi 3 septembre 2026, près d’un an plus tard, Éloïse Dubuet et son compagnon se retrouvent donc de nouveau devant la justice. Une quinzaine de sympathisants se sont rassemblés devant la cour d’appel de Dijon pour les soutenir.
La France insoumise de Côte-d’Or, qui qualifie les deux prévenus de « camarades », dénonce un « acharnement judiciaire » et présente leur action comme une simple « lutte pacifique ».
Le soutien à Éloïse Dubuet, qui travaille par ailleurs chez Médecins sans frontières, n’est pas anodin. Déjà militante LFI au moment des faits, elle est ensuite devenue directrice de campagne de la liste insoumise pour les élections municipales de Dijon en 2026.

Lors de l’audience d’appel, la procureure générale n’a formulé aucune réquisition de peine particulière et a laissé la cour apprécier le dossier. La décision sera rendue le 9 octobre prochain.


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