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Quatre militants d’extrême gauche jugés en appel pour le sabotage d’une cimenterie Lafarge en décembre 2023

4/6/2026

Le site industriel de Lafarge de Val-de-Reuil, dans l'Eure, a été saccagé par l’extrême gauche le 10 décembre 2023. Ce jour-là, une centaine de personnes cagoulées et vêtues d’une combinaison blanche avaient pénétré dans la cimenterie et séquestré le gardien, provoquant « plus de 450 000 euros » de préjudice selon le parquet. « Après avoir fait en sorte que l’agent de sécurité du site ne puisse pas quitter son local [...], ils procédaient à d’importantes dégradations », indiquait le parquet, « en injectant de la mousse expansive à l’intérieur de plusieurs appareils, en coulant du béton dans une arrivée d’eau, en détériorant des compteurs, en éventrant un contenant de plusieurs centaines de milliers de billes de polystyrène, en éventrant des sacs de ciment, en brisant des vitres et du matériel informatique ». « Le symbole des Soulèvements de la Terre était relevé à plusieurs endroits », ajoutait-t-il.

Des centaines de militants d'extrême gauche ont saboté la cimenterie Lafarge au Val-de-Reuil.

Cette intrusion ne visait pas avant tout à dénoncer la collaboration de Lafarge avec Daesh en Syrie, mais bien à dénoncer les activités de l’entreprise d’un point de vue écologique, et notamment la « bétonisation ».

En avril 2024, l’enquête avait mené à l’interpellation de dix-sept personnes seulement sur la centaine de participants. Finalement, neuf militants d’extrême gauche ont été jugés en première instance les 19 et 20 décembre 2024. Alors qu’ils étaient jugés pour association de malfaiteurs et séquestration d’otage et qu’ils risquaient dix ans de prison et 100 000 euros d’amende, cinq d’entre eux ont été totalement relaxés ! Les quatre autres ont tous été condamnés à de la prison avec sursis, entre six et dix mois. Les militants d’extrême gauche avaient été aidés par le procureur de la République, Rémi Coutin, qui a refusé de qualifier les prévenus d’« écoterroristes ». Au contraire, il a lui-même souligné qu’en vertu de l'urgence climatique, l’engagement écologiste est légitime.

Non-contents d'être condamnés à quelques mois de prison avec sursis, les quatre militants condamnés, dont Christine Coulon, responsable du NPA dans l'Orne, ont interjeté appel et demandent leur relaxe définitive. Jugés les 1er et 2 juin 2026, le procureur a requis un alourdissement des peines, allant de 12 à 18 mois de sursis. 

Le directeur général de Lafarge Normandie s’est exprimé lors du procès pour dénoncer les effets du sabotage sur son entreprise : « Sur le plan humain, mes salariés ont été traumatisés. Tout le monde avait la hantise que ça se reproduise, que des gens reviennent pour casser leur outil de production sur lequel les gens comptent pour faire vivre leur famille », ajoutant également que la cimenterie visée et lui-même n’ont rien à voir avec Daesh et ce qui a été fait en Syrie.

Quoiqu’il arrive, ce sabotage ne devrait donc entraîner l’incarcération d’aucun militant d’extrême gauche, laissant entendre qu’il est donc possible d’organiser des dégradations à grande échelle sans qu’aucun individu ni organisation politique n’en assume les conséquences. Le délibéré est attendu pour le 24 août.

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