
L’extrême gauche assassinait déjà à Lyon en 1903 : le cas du catholique Étienne Boisson
La mort de Quentin Deranque à Lyon le 14 février dernier, lynché à mort par des militants de la Jeune Garde, rappelle que l’extrême gauche a une longue tradition d’assassinats d’opposants politiques dans la capitale des Gaules. Celle-ci remonte dès le début du XXe siècle, sans même parler du soulèvement des Gones contre la Convention en 1793.
Le 8 décembre 1903, le catholique lyonnais Etienne Boisson est blessé mortellement lors d’une attaque fomentée par des anarchistes et des libre-penseurs sur la place Saint-Jean dans le Vieux-Lyon. Évacué dans un état critique après avoir reçu un coup lui perforant le crâne, ce père de cinq enfants décédera une semaine plus tard à l’hôpital. Ancien combattant, blessé lors de la guerre contre la Prusse en 1870, Etienne Boisson était âgé de 60 ans.
Lors de l’affrontement, il faisait partie d’un groupe de catholiques lyonnais qui défendait les institutions de l’évêché, les commerces et les Lyonnais qui mettaient des lampions sur leurs fenêtres afin de fêter la fête d’Immaculée Conception. En effet, depuis plusieurs années, des centaines d’anarchistes et de libre-penseurs avaient pris l’habitude d’attaquer les pèlerins catholiques qui se rendaient à la basilique de Fourvière et de saccager les vitrines de magasins affichant des lumignons lors de la fête de l’Immaculée Conception du 8 décembre.
En cette année 1903, les esprits des anarchistes avaient été particulièrement échauffés par le maire de Lyon, Victor Augagneur, qui avait interdit les « manifestations religieuses » catholiques du 6 au 8 décembre afin de veiller à la « tranquillité publique » ! Le quotidien lyonnais Le Progrès exhortait même dans un article, le matin du 6 décembre 1903, à une « manifestation anticléricale » où « toutes les organisations de la libre pensée, les groupes d’études sociales, les Comités socialistes et Républicains sont convoqués pour aujourd’hui dimanche, à midi et demi, place Saint-Jean, en vue de dresser contre la manifestation cléricale la protestation de la pensée libre. »
En plus de la mort d’Etienne Boisson, plusieurs catholiques furent sévèrement blessés lors des affrontements contre les anarchistes et libres-penseurs. Enfin, des vitraux d’églises et les vitres du couvent des maristes, situé montée Saint-Barthélémy, furent brisés par les militants d’extrême gauche anticatholiques.
L’enquête de police arrêta rapidement un suspect, un patron-coiffeur âgé de 29 ans. Devant le juge d’instruction, il reconnut les faits, affirmant avoir frappé Etienne Boisson avec le bec de cane qui lui sert à ouvrir son magasin. Pourtant, malgré ses aveux, il fut acquitté par le jury populaire chargé de juger l’affaire, ouvrant la longue liste des acquittements des militants d’extrême gauche jugés pour avoir assassiné des catholiques ou des patriotes. Ce fut le cas notamment pour Germaine Berton, qui assassina le secrétaire de la Ligue d'Action française Marius Plateau en 1923.
Plus de 12 000 personnes participèrent aux obsèques d’Étienne Boisson à Lyon, célébrées par le cardinal Coullié.
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