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Devenu une « machine à traumatiser ses militants », le collectif Actions féministes Tours annonce son auto-dissolution

17/3/2026

Le collectif Actions Féministes Tours, actif depuis 2016, a annoncé son auto-dissolution. Un communiqué a été publié le 11 mars sur sur un site d’extrême gauche local ainsi que sur la page Instagram du groupuscule. Le collectif, qui se définit comme féministe, antifasciste et radical, y explique les raisons de cette décision après près de neuf années d’activité.

L’officine indique avoir « visibilisé » les luttes d’extrême gauche sur les murs de Tours (principalement en taguant des propriétés privées et en dégradant du mobilier urbain) durant neuf années, mais affirme que la conjoncture ne lui permet plus de continuer ainsi. Les militants d’extrême gauche évoquent une aggravation de la répression étatique et de la violence des groupuscules d’extrême droite ces dernières années. Les militantes, sans donner d’exemple ni de preuve, écrivent qu’elles ont été victimes d’agressions physiques de la part d’hommes isolés dans la rue lors de leurs actions : elles auraient été suivies, insultées, giflées et frappées. Quand ? Personne ne le sait. Dernièrement, leurs collages illégaux disparaissaient plus rapidement, ce qui pour le collectif constitue une preuve de criminalisation de leurs initiatives et de fascisation de la société.

Le collectif précise être menacé par Pierre-Edouard Stérin et son projet Justitia, « dans un déferlement sans égal de violence juridique » : une plainte avait été déposée à l’encontre du collectif ainsi qu’une demande de dissolution, également appuyée par le député RN Aleksandar Nikolic. Celle-ci n’a évidemment jamais été étudiée mais elle faisait suite à un collage du groupuscule qui revendiquait notamment « Stérin décapitation ». Effectivement, les collages de ce collectif appelaient ouvertement à la violence.

Le collectif souligne que les critiques de certains passants dans la rue, le fait que certains collages ont été nettoyés rapidement ainsi que le coup de pression judiciaire ont entraîné des conséquences psychiques graves sur les militantes : « nous sommes devenu-es une machine à traumatiser nos militant-es ». Selon le communiqué, « Nous sommes plusieurs à avoir peur de sortir, à avoir peur de coller ; nous sommes plusieurs à connaître des conséquences psychiques graves de la violence que nous subissons en action, la peur lourde et envahissante, la fatigue de l’évolution de la situation politique actuelle. Si nous ne sommes plus en démocratie, alors notre collectif n’est plus taillé pour répondre aux situations que nous rencontrons. Ce climat d’hostilité toujours grandissante ne nous permet plus de nous organiser en collectif dans les termes qui ont jusqu’à présent été les nôtres. »

Actions féministes Tours décide de disparaître pour trouver de nouvelles manières d’agir contre le fascisme et appelle à poursuivre le combat.

À noter que le journal local La Nouvelle République a salué l’oeuvre globale de ce groupuscule avec un article élogieux.

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