
Chalon-sur-Saône : un collectif d’artistes antifascistes occupe désormais illégalement ses locaux, une soirée se termine en affrontements avec la police
Le collectif La Méandre occupe depuis le 1er janvier 2011 des hangars du Port Nord à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire). À la suite de la décision de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de ne pas renouveler le bail, le collectif occupe les lieux sans droits ni titres depuis le 1er janvier 2026.
Le 22 juillet 2026, un commissaire de justice s’est présenté sur les lieux pour constater l’occupation illégale, permettant à la CCI de lancer une procédure administrative d’expulsion. La concession de la CCI sur le site prend fin le 31 décembre 2026 et Voies navigables de France (VNF), qui doit reprendre la gestion, a demandé des locaux vides. Les hangars occupés sont destinés à être détruits.
Le collectif La Méandre, naturellement, demande l’abandon immédiat de la procédure d’expulsion et souhaite établir une nouvelle convention d’occupation. Une manifestation de soutien s’est tenue le 25 juillet 2026 devant les grilles de la sous-préfecture, alors même que se déroulait le festival Chalon dans la rue.
Un collectif d’extrême gauche subventionné
Derrière le collectif La Méandre et ses prouesses artistiques réalisées par ses dizaines de membres, se cache comme bien souvent un engagement politique lié à l’extrême gauche. Le 28 juin 2024, La Méandre a accueilli dans ses locaux financés par la mairie La Fête populaire, organisée par le Collectif de lutte contre l’extrême droite, lequel était directement lié au Nouveau Front Populaire.

Le 1er mai 2026, La Méandre a officiellement participé au Village des résistances solidaires à Mâcon, aux côtés de groupuscules antifas. L’événement était particulièrement orienté contre le RN.
Le collectif, qui est soutenu en premier lieu par des mouvements d’extrême gauche, a accueilli un « marché queer » dans ses locaux à l’issue de la gay pride 2026 ; un « bingo drag » a été organisé dans ses locaux en « soutien aux avortements en délais dépassés », etc.
Le trait entre la « culture » et le militantisme (d’extrême gauche) est extrêmement fin, et cet exemple chalonnais se retrouve dans la plupart des villes françaises.
Le collectif occupe ses locaux gratuitement depuis 2011 et bénéficie de divers soutiens publics : la Ville a acheté des roulottes aménagées au collectif pour 90 000 euros, tandis que récemment, pour pallier l’expulsion, elle s’est proposée de prendre en charge une partie du loyer des nouveaux locaux, ce que les artistes d’extrême gauche ont refusé. Le département a versé 2 000 euros à la troupe en 2025, tandis que la Direction régionale des affaires culturelles de Bourgogne-Franche-Comté (DRAC BFC) a sélectionné La Méandre pour bénéficier des aides déconcentrées au spectacle vivant (ADSV), lesquelles s’étalent sur deux ans et peuvent s’élever jusqu’à 50 000 euros.
Une soirée dans les locaux squattés qui dégénère en affrontements contre la police
Dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 juillet, à l’issue du festival Chalon dans la rue, le collectif a organisé une soirée de soutien dans les hangars du Port Nord. Cette fête, qui a rassemblé des centaines de personnes, était interdite par un arrêté préfectoral prohibant les rassemblements musicaux non autorisés dans le département.
Vers 1h30, la police est intervenue pour bloquer l’accès à la fête mais ses effectifs étaient trop réduits. Vers 4h, une quinzaine de fourgons de CRS sont arrivés, prêts à intervenir. La police a sommé les fêtards de quitter les lieux en trente minutes. Les organisateurs, c’est-à-dire le collectif La Méandre, indiquent avoir invité le public à quitter les lieux dans le calme, sans appel à la confrontation, et que la majorité des participants sont partis.
Selon le collectif, après l’évacuation du public vers 4 h 30, les CRS sont intervenus sans sommation, ont chargé et ont tenté d’interpeller des membres du collectif. Des festivaliers rentrant chez eux auraient également été concernés. Le collectif a recensé une personne placée en garde à vue, laquelle a rapidement été libérée.
Loin d’une agression gratuite, la préfecture offre une autre explication. Elle indique que les organisateurs ont accepté d’arrêter l’événement et d’évacuer les participants, mais que plusieurs groupes hostiles se sont constitués, ont érigé des barricades et ont jeté des projectiles en direction des forces de l’ordre. Les CRS sont intervenus pour faire cesser la musique et la fête, et pour évacuer des lieux jugés dangereux en raison de la proximité de la Saône et du pont de Bourgogne.

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